La génération Y a le moral à zéro. C’est en tout cas ce que révèle le 3e Baromètre de « l’Humeur des jeunes diplômés » réalisé par Deloitte/Ifop. Qu’ils soient sans emploi moins de trois ans après la validation de leur diplôme ou salarié en entreprise, les jeunes ne sont qu’un sur deux à encore faire preuve d’optimisme dans l’avenir et 37 % à affirmer que le diplôme reste le meilleure sésame pour s’ouvrir les portes de l’emploi.


Trouver un emploi lorsqu’on est jeune diplômé relève aujourd’hui du parcours du combattant. La dépression guette et les motifs pour retrouver le moral sont rares. Quand on sait que 49 % des diplômés sont au chômage moins de trois ans après avoir terminé leurs études (contre 45 % en janvier 2013) et que la durée de recherche d’un emploi s’allonge d’année en année (plus de cinq mois actuellement, soit sept semaines de plus qu’en 2013), on comprend que l’humeur ne soit pas au beau fixe.

Les jeunes salariés ont en moyenne envoyé 27 C.V pour décrocher un emploi contre 16 l’année dernière. Sécurisation de l’emploi oblige, ils tiennent à rester dans leur entreprise le plus longtemps possible (59 %) portant de ce fait un coup violent aux actions entrepreneuriales qui ne séduisent plus que 6 % d’entre eux. Pourtant, le diplôme reste toujours le meilleur outil pour s’ouvrir les portes des entreprises mais les jeunes peinent à admettre son utilité dans le contexte socio-économique actuel, surtout les moins de 25 ans dont le taux de chômage atteint 70 %.


Pourquoi toujours plus de difficultés pour trouver un emploi ?

Les jeunes chômeurs diplômés expliquent leurs difficultés à trouver un emploi par le fait que peu d’offres correspondent à leur profil (56 %), qu’ils n’obtiennent pas de réponse des recruteurs (48 %) et qu’ils ne bénéficient pas d’un réseau professionnel suffisant pour s’ouvrir des perspectives plus larges (43 %). Pour 50 % d’entre eux, le manque d’expérience professionnelle les pénalise auprès des employeurs qui préfèrent, par ces temps de crise, recruter des profils expérimentés plus âgés et au même salaire que les débutants. La concurrence entre les adultes et les jeunes en recherche d’emploi s’amplifient donc : 57 % d’entre eux pensent d’ailleurs ne pas être recrutés dans les six prochains mois (63 % chez les diplômés d’IUT.


L’épanouissement attendra

Le regard porté sur les employeurs change également, signe d’une désillusion tenace. Les jeunes chômeurs, particulièrement, sont 68 % à avouer leur méfiance envers les entreprises (contre 46 % pour les salariés en poste). Désormais, travailler c’est d’abord vouloir gagner sa vie (63 %), l’épanouissement étant secondaire pour 76 % de l’ensemble des jeunes diplômés. Une bonne nouvelle toutefois : les plus de 25 ans sont majoritairement recrutés en CDI (82 %). Les diplômés de grandes écoles (84 %) et de deuxième cycle universitaire (79 %) particulièrement. 


L’expatriation, une tentation bien présente

Plus d’un quart des diplômés interrogés s’avouent séduits par l’idée de s’expatrier pour augmenter leurs chances de trouver un emploi. Cette perspective est particulièrement présente chez les jeunes issus de 3e cycle universitaire qui, à 45 %, pourraient envisager de quitter la France. Les destinations privilégiées restent le Canada (37 %), les Etats-Unis (35 %), le Royaume-Uni (26 %) et l’Australie (18 %). Si l’étranger est perçu comme une terre plus accueillante en termes d’emploi, ce n’est pas son seul atout. Les jeunes diplômés y voient une possibilité de s’immerger dans un environnement culturel différent (58 %) et un milieu professionnel plus positif  (50 %) qui propose de meilleures rémunérations et permet de perfectionner une langue étrangère (45 %).


Mais la France n’est pas dépourvue d’atouts professionnels

Pour 8 jeunes sur 10, notre pays est encore une terre d’avenir. Les motifs pour y rester ne manquent donc pas : 44 % apprécient la qualité de la vie, 33 % le dynamisme de leur secteur d’activité et 31 % l’encadrement juridique des contrats de travail. En revanche, les possibilités d’innover ne recueillent que 14 % d’avis favorables. L’état du marché du travail n’est jugé favorable que par 8 % des diplômés interrogés qui s’avouent inquiets face à l’environnement socioéconomique actuel (11 %).

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