Une poignée de profs étaient devant l’inspection académique hier soir. Ils disaient non à la mort annoncée des lycées professionnels.

Jean-Michel Parcelier est venu de Cognac pour défendre le lycée professionnel.
Jean-Michel Parcelier est venu de Cognac pour défendre le lycée professionnel.. PHOTO/Photo R. T.

Ils ont l’impression que c’est leur lycée qu’on veut assassiner à petit feu. Alors hier soir, en prologue de la grande manifestation interprofessionnelle d’aujourd’hui, les professeurs des lycées professionnels charentais ont décidé de faire une soirée “résistance”.

Ils ont passé la fin de journée et le début de soirée devant l’inspection académique à Angoulême. Une poignée d’enseignants qui croient en l’avenir des sections professionnelles.

“Le problème, c’est qu’à la fin de la troisième, on pousse les élèves soit vers une seconde générale, soit vers l’apprentissage”, regrettent Christelle Bruneau et Delphine Andrieu, du lycée Jean-Caillaud de Ruelle. Et du coup, “le rectorat nous dit qu’à la rentrée, il y aura 318 élèves de moins dans les lycées professionnels de la région”, ajoute Jean-Michel Parcelier, professeur à Louis-Delage à Cognac.

Bataille de chiffres

Le Cognaçais corrige. “Le service statistique dit au contraire qu’il y aura 9 élèves de plus.” Alors, les professeurs ne comprennent pas pourquoi le rectorat veut diminuer les capacités d’accueil des lycées professionnels. “Notre section électrotechnique va passer de 30 à 15 places à la rentrée”, déplore le professeur cognaçais. “Ils vont regrouper la classe avec celle des usineurs et obliger les profs des matières générales à enseigner à 30 élèves, même si les deux programmes sont différents.” Derrière, il craint pour la survie du BTS dont la plus grande partie des élèves viennent de cette section électrotechnique.

“À Jean-Caillaud, on nous prédit 31 élèves de moins, mais nous, après consultation des parents, on sait déjà qu’on ne les perdra pas”, explique Christelle Bruneau. Le recteur a promis de donner des heures supplémentaires si les effectifs sont plus importants que les prédictions. Mais “les inscriptions sont en juin et ce sera déjà tard pour les professeurs afin de préparer la rentrée.”

Hier soir, l’action était plutôt symbolique. “On a rencontré tout le monde, se désole Jean-Michel Parcelier. Ils se renvoient tous la balle. Malheureusement, rien ne bougera avant juin.”

 

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