Le syndicat des chefs d’établissement alerte sur les risques liés à l’application d’une nouvelle circulaire.

Une circulaire ministérielle peut-elle empêcher des jeunes de décrocher leur bac professionnel ? C’est l’inquiétude du principal syndicat des chefs d’établissements de l’enseignement secondaire, le SNPDEN-UNSA. «?Potentiellement, des dizaines de milliers de jeunes vont avoir des difficultés pour trouver une entreprise pouvant les accueillir pendant leur formation?», alerte Pascal Bolloré, son secrétaire national. Etablissements scolaires publics, privés et centres de formation d’apprentis sont concernés, précise-t-il.

Les jeunes qui font des stages en entreprise sur des machines dites dangereuses doivent obtenir une dérogation de l’inspection du travail. Or, une circulaire d’octobre 2013 sur la mise en œuvre des dérogations impose désormais à chaque élève devant se rendre dans l’atelier de formation d’un lycée professionnel ou faire un stage en entreprise que son aptitude soit validée par un médecin scolaire dans les huit jours qui suivent la rentrée. «?Numériquement, vu le nombre de médecins scolaires, c’est impossible?», estime le SNPDEN.

«?Un dossier plus contraignant?»

Surtout, pour que les périodes de formation en entreprise soient validées, la circulaire impose une convention dans laquelle le chef d’entreprise atteste qu’il est en règle avec le code du travail sur la sécurité et l’hygiène au travail des jeunes travailleurs. «?Les chefs d’entreprise sont extrêmement réticents à la signer?», poursuit Pascal Bolloré. « ?On passe d’un régime de déclaration préalable à un régime autorisation préalable. Avec, de fait, un dossier plus contraignant?», indique-t-on au Medef. « ?Les entreprises vivent mal le fait de solliciter des autorisations administratives auprès de l’inspection du travail qui, du coup, déclenche un contrôle inopiné, précise Jean-Michel Pottier, de la CGPME. Vu la complexité du code du travail, l’entreprise est sûre de se faire coller à tous les coups. Les entreprises n’ont pas envie de se créer des problèmes supplémentaires, et ce sont les jeunes qui vont en pâtir.?»

La nouvelle ministre Najat Vallaud-Belkacem a promis «?un pôle de stages?» dans les établissements professionnels pour aider les jeunes. «?La ministre allume un contre-feu après avoir répandu une épidémie, ce n’est pas la bonne solution?», regrette Jean-Michel Pottier. Philippe Tournier, secrétaire général du SNPDEN, est plus optimiste : «?Les élèves des lycées professionnels peuvent rapidement s’enflammer. On trouvera donc probablement des ajustements.?» Contacté, le ministère de l’Education attend d’avoir des éléments pour «?confirmer ou quantifier les difficultés?» car «?les élèves ne sont pas encore en stage?». «?Si on constate des difficultés réelles, on?envisagera les évolutions nécessaires pour concilier protection des jeunes et accès aux stages?», promet l’entourage de la ministre.

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