Le salaire moyen des enseignants du premier degré en France est inférieur de 17 % à la moyenne des pays de l’OCDE, relève l’organisation internationale dans une étude publiée le 9 septembre. Le gel du point d’indice et la baisse des avantages catégoriels ne laissent pas présager une amélioration de la situation.

 

La France, championne des disparités de salaires dans l’éducation nationale ? C’est l’un des enseignements de l’étude “Regards sur l’éducation”, publiée par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) le 9 septembre [cliquez ici pour consulter l’étude].

Si l’on prend en compte l’ensemble des primes et allocations versées aux enseignants, “le salaire réel moyen entre le préprimaire et le deuxième cycle de l’enseignement secondaire est de près de 30 %”, note l’OCDE, “tandis que l’écart de salaire statutaire entre ces deux niveaux d’enseignement n’est que de 10 %”.

Même diplôme, plus d’heures de travail

Résultat : alors que le salaire effectif moyen dans le secondaire est “quasiment au même niveau que la moyenne de l’OCDE”, celui du préprimaire et du primaire est “inférieur à la moyenne, respectivement de 7 % et 14 %”.

L’ensemble de ces agents de l’éducation nationale ont pourtant un niveau de diplôme équivalent, la France étant l’un des rares pays (avec le Royaume-Uni, l’Islande et l’Italie) à imposer aux professeurs des écoles maternelles l’obtention d’un master.

Et lorsque l’on s’intéresse au temps de travail, l’OCDE souligne qu’il n’y a “qu’en France, en Grèce, en Indonésie, en Israël, en République tchèque et en Turquie que les enseignants donnent au moins 30 % d’heures de cours de plus par an dans le primaire que dans le premier cycle du secondaire”. Cherchez l’erreur…

Faible attractivité

Ces disparités sont d’autant plus flagrantes lorsqu’on les compare aux niveaux de salaires d’autres professions. L’OCDE relève ainsi qu’en France, “le salaire des enseignants en poste dans l’enseignement primaire représente 72 % du salaire d’autres actifs diplômés de l’enseignement tertiaire”.

Seule l’ancienneté peut permettre aux professeurs français d’obtenir des niveaux de revenus supérieurs à la moyenne de leurs collègues d’autres pays de l’OCDE. “Toutefois, 29 années d’ancienneté sont nécessaires pour atteindre l’échelon maximum en France, contre seulement 24 en moyenne”, pointe l’étude.

Et la tendance qui se dessine dans l’Hexagone ne prête pas à l’optimisme. Alors que les salaires des enseignants des pays de l’OCDE ont globalement augmenté entre 2000 et 2012, “la France, la Grèce et le Japon font figure d’exceptions : le salaire y a diminué d’environ 10 % sur la période”. Avec le gel du point d’indice annoncé jusqu’en 2017 et la quasi-suppression des retours catégoriels, les enseignants, pourtant à bac + 5, pourraient être recrutés, dans les écoles, à un niveau proche du Smic dans les années à venir…

Source