La Secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur et à la Recherche, Geneviève Fioraso, a fait sensation le 18 février dernier devant la Commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale. En qualifiant le bac professionnel de « Massacre social », elle pointe du doigt l’inadéquation de cette formation avec une poursuite d’études en université.

Lors de son audition devant la Commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale, Geneviève Fioraso s’est livrée à un triste constat. Les bacheliers professionnels ne réussissent pas à l’université. Preuve en est : moins de 5 % d’entre eux passent le cap de la L1 et 3,5 % seulement parviennent à valider une licence en trois ans. Un désastre !
Pourquoi un tel échec, s’est interrogée Marie-Lou Marcel, une députée socialiste, en s’adressant à la secrétaire d’Etat. Sans doute parce que les bacheliers pros « Ne sont absolument pas formés pour réussir à l’université. Non pas parce qu’ils sont moins doués mais parce qu’ils ont été habitués à être encadrés, en petit nombre et n’ont pas été formés à la prise de note ou à l’enseignement conceptuel », répond Geneviève Fioraso.

Il n’empêche que ce « Massacre » laisse un goût amer. Pouvons-nous, en tout état de conscience, laisser des bacheliers pros s’orienter vers un cursus en université alors que l’échec est au bout du chemin pour la plupart ? Faut-il bloquer l’accès à l’université pour ces bacheliers pros ? Et pour quels motifs ?

 

Mettre fin au désastre le plus rapidement possible

Pour la secrétaire d’Etat, il faut réagir rapidement. Elle a donc missionné Christian Lerminiaux, ex Président de la Cdefi (Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs), pour qu’il conçoive une « Filière professionnelle post-bac qui serait organisée dans tous les types d’établissements d’enseignement supérieur et qui se ferait en alternance. »

« Nous lui avons donné des pistes pour qu’il les confronte aux besoins du milieu économique et à ce qui se fait dans le secondaire, dans les lycées, précise Geneviève Fioraso. Aujourd’hui on oriente par défaut les jeunes dans les filières professionnelles. Ce n’est pas une orientation valorisée. Peut-être avons-nous déjà tous les éléments et qu’il suffit d’assembler les pièces du puzzle pour donner davantage de visibilité à cette filière. Nous aurons un rapport fin mars. » La suite au printemps donc.

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