Ils ont enfin obtenu gain de cause, même s’ils ne crient pas victoire. La principale du collège de Falck, au cœur d’une vague de contestation depuis plusieurs mois, quittera l’établissement à la rentrée prochaine. Le rectorat l’a annoncé, mercredi matin, après avoir pris connaissance du rapport établi par le Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT).

Selon une source proche du dossier, le document fait état de souffrances chez certains membres du personnel, de manque de respect, de considération, de dénigrement systématique et d’un climat délétère régnant au sein de l’école. « Il existait déjà des problèmes entre professeurs avant son arrivée. Elle n’a rien fait pour les apaiser, bien au contraire », avoue un professeur ayant pré féré conserver l’anonymat. « On ne sait pas ce qui va se passer à la rentrée prochaine, quel principal va prendre la relève. Nous en serons certainement informés la semaine prochaine, lorsque seront dévoilées les mutations. Quant à notre directrice, personne aujourd’hui n’est en mesure de dire si elle prendra des fonctions ailleurs, ou si elle part à la retraite. »

Se reconstruire

En tout état de cause, les membres du collectif sont soulagés, soulagés d’avoir été entendus par le rectorat. « En plus du changement de direction, la secrétaire générale nous a fait savoir qu’un nouveau conseiller principal d’éducation titulaire serait nommé à la rentrée prochaine au collège. » Et de poursuivre : « Les vacances qui arrivent seront par ailleurs les bienvenues. Elles permettront aux uns et aux autres de se reconstruire pour retrouver l’énergie nécessaire à la nouvelle année scolaire. »

Une page se referme sur un conflit qui a éclaté, il y a quelques mois, dans cette petite commune de Moselle-Est. La Grande Saule a toujours été désignée comme un havre de paix. Mais en septembre dernier, le climat du collège a commencé à se dégrader.

Caractère extrême du conflit

A l’époque, le collectif parlait de gestion incohérente, arbitraire et sans concertation et le malaise était devenu si palpable qu’une pétition lancée en mars avait abouti à une rencontre entre le corps enseignant et l’inspection académique. Aucune solution n’avait été proposée à ce moment-là. Le mouvement s’était alors durci, notamment au travers d’une opération collège mort, de manifestation dans les rues de Falck auxquelles s’était joints parents et élèves. Autant d’actions qui semblaient n’avoir aucune influence sur le rectorat.

Dans un ultime cri de détresse, cinq professeurs avaient, le 15 juin dernier, entamé une grève de la faim tout en continuant à assurer leurs cours. Ce qui avait forcé le rectorat à déclencher une cellule de crise avec cette volonté de reprendre le dialogue pour aboutir à une médiation. Des entretiens individuels avaient été menés, ainsi qu’une évaluation des risques psychosociaux. Si la secrétaire générale du rectorat, Sylvie Thirad, reconnaissait le caractère extrême du conflit, elle réfutait l’immobilisme dont l’administration est accusée, arguant que des souffrances existaient des deux côtés. Au final, l’audit du CHSCT a donné raison au collectif.

 

Source