Les plafonds d’emplois votés par les parlementaires ne sont pas atteints dans la fonction publique, révèle un rapport fait au nom de la Commission des finances de l’Assemblée nationale. Le phénomène n’est pas nouveau mais il s’accentue depuis 2012.

C’était l’une des promesses du candidat Hollande : embaucher à nouveau des fonctionnaires après les 150.000 suppressions de postes du quinquennat Sarkozy. Oui mais voilà, le gouvernement ne tient pas ses objectifs. Au total, 50.000 postes ne sont pas pourvus. Cet état des lieux est dressé dans un rapport fait au nom de la Commission des finances de l’Assemblée nationale.

Les chiffres sont “impressionnants“, concède la rapporteur générale du rapport, la députée socialiste Valérie Rabault. “Sur la fonction publique d’Etat (2,5 millions d’agents), il y a 50.000 emplois (soit 2% de l’ensemble) qui, par rapport aux plafonds, ne sont pas atteints“, explique-t-elle, mais “le phénomène n’est pas nouveau”, même s’il s’accentuie d’année en année depuis 2012, souligne le rapport.

Valérie Rabault souligne que les ministères prioritaires de l’Etat, à savoir l’enseignement, la justice et la gendarmerie notamment “ont vu leurs effectifs progresser“. “Les plafonds ont été augmentés et les effectifs ont aussi suivi. C’est un message extrêmement positif, même si on n’est pas à 100%“, poursuit-elle.

Des freins dans l’exécution et parfois dans le recrutement

C’est la première fois qu’on fait une photographie avec un historique depuis 2012“, explique Valérie Rabault. Une première étape avant des analyses plus précises sur les causes, qui sera réalisée en septembre prochain, assure-t-elle. Parmi ces causes possibles, il y a un phénomène de désaffection dans certains secteurs. “Au moment des concours dans l’éducation nationale, on avait vu que parfois on manquait de candidats et que les postes offerts n’étaient pas forcément pourvus”, indique la rapporteuse.

Dans le domaine sécuritaire, comme sur la mission justice par exemple, “l’écart entre les plafonds votés et les postes réellement pourvus se réduit“, souligne par ailleurs Valérie Rabault, qui explique ce décalage entre le financemement du poste et l’affectation par “le temps que les personnes adéquates puissent être formées“. Et puis, “il y a peut-être des personnes qui veulent faire un peu de résistance“, concède-t-elle.

Selon le JDD, à la fin de l’année dernière, il manquait 13.300 enseignants, 5.000 militaires et 4.300 policiers par rapport aux effectifs inscrits dans la loi de finances et votés par le Parlement. L’hebdomadaire estime que 228 millions d’euros ont ainsi été économisés du fait de ce non-respect des objectifs.

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