Attention, terrain miné. Une polémique chasse l’autre : après la montée d’adrénaline des profs de prépas, le gel des avancements, même démenti, aiguise les interrogations. Explications.

Les négociations sur le métier d’enseignant avec le ministère doivent reprendre demain et peut-être déboucher sur un accord a minima avec une meilleure prise en compte des tâches en dehors des cours. Si elle ne figurait pas jusqu’alors en tête des revendications des enseignants, la question des salaires pourrait redevenir un nouveau chiffon rouge, au moins pour trois raisons : l’injonction présidentielle de réaliser un plan de 50 milliards d’économies, auquel l’Éducation nationale aura du mal à échapper ; les élections professionnelles fixées en décembre 2014 et qui aiguisent les appétits corporatistes ; la visibilité, encore faible, des effets de la refondation de l’école sur le terrain en terme de moyens et donc de reconnaissance. « Juste un constat, nous avons perdu 15 % de pouvoir d’achat en dix ans », glisse le secrétaire national d’une Fédération.

Alors, mal ou… trop payés ? Pas de réponse unique, explique-t-on aussi bien côté ministère que syndicats. Les grilles sont relativement simples à appréhender : professeurs des écoles, certifiés (titulaires du CAPES ou assimilés), professeurs de lycée professionnel (PLP), d’EPS et CPE perçoivent un salaire statutaire comparable. Les agrégés possèdent leur propre grille.

20 700 à 125 000 euros par an

Mais derrière les grilles indiciaires se cache un maquis de bonifications, indemnités, primes, liées à l’emploi (directeur d’école, prof principal), au lieu où il est exercé (zone prioritaire), plus les heures supplémentaires (qui creusent la différence entre premier et second degré et dont le montant varie selon le statut). Maquis au milieu duquel les spécialistes eux-mêmes y perdent parfois leur latin.

Les avancements varient d’un prof à l’autre selon qu’ils progressent au grand choix, au choix, ou à l’ancienneté. Dans les faits, c’est souvent une conjugaison des trois qui permet l’avancement, tributaire cependant de la fréquence des inspections. Dans le secondaire, la grande majorité des profs terminent à l’échelle hors classe. C’est moins vrai dans le primaire. Un prof qui fait sa carrière uniquement à l’ancienneté atteindra son indice terminal au bout de 29 ans, un autre qui bénéficierait exclusivement du grand choix, gagnerait dix ans.

Entre ces deux extrêmes, la palette est large : le salaire annuel d’un prof varie entre 20 700 € (débutant) et 125 000 € (environ 200 profs de prépa dans ce cas) selon une source interne au ministère de l’Éducation nationale.

La Cour des Comptes, avec 100 000 €, était donc en-dessous de la vérité…

Source