L’opinion des Français sur l’apprentissage pourrait se résumer en un « Je t’aime, moi non plus » tenace. C’est en tout cas ce que révèle un sondage CSA pour l’Institut Montaigne. Les Français disent « Oui » à l’alternance pour lutter contre le chômage et « Non » à sa réputation de dispositif pour « loosers. » Et si on en finissait enfin avec les caricatures ?


Le sondage CSA/Institut Montaigne, réalisé du 18 au 24 février dernier auprès de 1 050 personnes âgées de 15 ans et plus, nous en apprend davantage sur le rapport ambigu des Français avec l’apprentissage et plus largement sur leur appréhension de la relation éducation/entreprise : 76 % des personnes interrogées affirment ainsi que le système scolaire actuel prépare mal les élèves au monde du travail. En ce qui concerne plus précisément l’apprentissage, ils sont 83 %  à penser qu’il favorise l’accès au premier emploi, 69 % à avouer ne pas savoir grand-chose sur les formations s’y rapportant et le même pourcentage à prétendre qu’il vise essentiellement les métiers manuels. Si pour 62 % des Français interrogés, l’apprentissage permet l’autonomie financière durant ses années d’études, 43 % pensent encore que ce type de formation débouche sur des métiers faiblement rémunérés. Pire : 43 % des sondés affirment que l’apprentissage cible essentiellement les jeunes en difficulté scolaire et 34 % que ce dispositif débouche sur des métiers peu qualifiés. 



L’apprentissage élu meilleur dispositif en termes d’insertion professionnelle

Contrairement aux emplois d’avenir ou aux contrats de génération qui ne recueillent que 23 % d’opinion favorables, l’apprentissage est perçu par 85 % des sondés comme l’un des meilleurs dispositifs pour assurer une insertion professionnelle durable des jeunes dans l’emploi. C’est pourquoi 93 % des personnes pensent que le gouvernement ne soutient pas assez les entreprises qui recrutent des apprentis, particulièrement les TPE ou les PME-PMI. Un effort politique reste donc encore à produire pour optimiser ce dispositif d’insertion qui, pour 89 % des Français, reste un outil efficace de lutte contre le chômage des jeunes. C’est pourquoi 61 % des Français se disent volontiers prêts à suivre une formation par la voie de l’apprentissage et 89 % à conseiller ce type de formation à leurs enfants.



L’apprentissage dans le supérieur : une voie d’excellence

Cette étude prouve à quel point les préjugés sont tenaces dans notre pays même si les Français changent progressivement leur regard sur le sujet. Longtemps considéré comme un dispositif « Faute de mieux » pour décrocheurs précoces, l’alternance, dans son ensemble vit depuis les années 80 une perpétuelle révolution. Au niveau III, II et I, jamais elle n’a remporté un tel succès auprès des entreprises et des jeunes. C’est d’ailleurs pourquoi les universités et les écoles proposent aujourd’hui des parcours de formation d’excellence entièrement réalisables par cette voie.

En revanche, l’image négative de l’apprentissage comme voie de garage pour profils peu qualifiés perdure. Il faut avouer que les conseillers d’orientation ont longtemps utilisé le dispositif pour “caser” des adolescents ou des jeunes égarés dans le système scolaire traditionnel. Pourtant aujourd’hui l’apprentissage se choisit, particulièrement au niveau supérieur et est même plébiscité par les entreprises qui voient là un excellent moyen d’évaluer leurs futurs salariés.


Le contrat d’apprentissage en CDI, c’est parti !

Le ministre du Travail, Michel Sapin, a souhaité donner un grand coup de pouce à l’apprentissage dans le cadre du projet de loi sur la formation professionnelle. Désormais, les entreprises pourront conclure des emplois en CDI avec leurs apprentis. Objectifs : permettre aux jeunes d’accéder plus facilement au logement et aux prêts bancaires tout en rendant les entreprises plus attractives.

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