Ce mercredi, de nombreux enseignants de l’académie de Lille ont reçu un message du ministère de l’Education nationale leur annonçant leur possible mutation à Toulouse ou à Grenoble. Problème: aucun d’entre eux n’avait formulé de demande de mutation.

Par erreur, le ministère annonce leur mutation à des professeurs qui ne l'avaient pas demandée

 L’académie de Lille en passe de déménager à Toulouse et à Grenoble? (photo d’illustration)

 Reuters/Andrea Comas

Drôle de mercredi pour les enseignants de l’académie de Lille. A la suite d’une erreur dont la nature n’a pour l’instant pas été identifiée, ils ont reçu sur leur messagerie électronique professionnelle, I-profs, un ou plusieurs mails leur annonçant leur mutation.

[Edit le 26 février à 15h: ce jeudi midi, le ministère a envoyé un message à tous les enseignants via Iprofs pour s’excuser de ce qu’il présente comme “des erreurs techniques de diffusion de messages”]

Tous mutés à Toulouse, ou à Grenoble!

C’est le cas de Céline Rigo, professeure d’Histoire-Géographie dans l’académie de Lille, et secrétaire nationale du syndicat enseignant Unsa: “En ouvrant ma boite mail en début d’après-midi, j’ai découvert que j’avais reçu trois mails du ministère dans I-Profs. Deux de ces mails m’annonçaient une mutation à Toulouse, et le troisième, à Grenoble, ‘dans le cadre du mouvement2015’. Sauf que je n’ai fait aucune demande de mutation!”.

Même surprise pour Karine Boulonne, elle aussi professeure d’Histoire-Géographie, et responsable du SNES dans l’académie lilloise: “Il fallait lire le mail jusqu’au bout pour découvrir le prénom et le nom du véritable destinataire du mail, et comprendre qu’il y avait une erreur. Mais comme la formulation n’était pas très explicite, certains collègues ont pu s’inquiéter sérieusement”. Dans l’après-midi de mercredi, Karine Boulonne a d’ailleurs reçu une quinzaine d’appels de collègues, inquiets de se voir muter de force à l’autre bout de la France sans l’avoir demandé…

Grosse frayeur pour les professeurs non titulaires

Outre la frayeur induite par la réception de ce mail chez les professeurs remplaçants, non titulaires de leur poste, ou chez ceux en attente de mutation, mais dans une autre académie, les deux enseignantes pointent un sérieux problème de confidentialité. “Sur les mails figurent en toutes lettres les identités de personnes qui existent vraiment, et dont tous les collègues savent désormais qu’elles ont demandé leur mutation” relève Karine Boulonne. Délicat.

Contacté en début de soirée mercredi, le ministère de l’Education nationale n’était alors pas en mesure d’expliquer l’origine de cette erreur.

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