L’Association des parents d’élève de l’enseignement libre (Apel) et l’enseignement catholique ont demandé à Opinionway de mener une enquête sur le métier d’enseignant. Quelle image ont les parents et les profs de cette profession ? Quelles qualités devrait développer l’enseignant idéal ? Que faut-il changer ? Eléments de réponse.

 

Opinionway s’est appuyé sur un échantillon de de 785 parents d’enfants scolarisés et de 600 profs pour mener son enquête. La bonne nouvelle ? « 70 % des parents ont une image positive du métier d’enseignant, dont 10 % une image très positive. » C’est d’ailleurs pourquoi « 69 % d’entre eux  déclarent qu’ils conseilleraient ce métier à leur enfant car il permet notamment de concilier vie professionnelle et vie privée (46 %); mais aussi qu’il prépare les générations futures à construire la société de demain (41 %). »

Les profs, de leur coté, sont 69 % à être satisfaits de leur métier et… 31 % (tout de même) à ne pas l’être. Preuve en est « Ils ne sont que 41% à déclarer qu’ils conseilleraient ce métier à leurs enfant s’il en exprimait le souhait, mais surtout 78 % leur diraient qu’il s’agit d’un métier dont le travail invisible n’est pas suffisamment pris en compte et 81 % que ce métier est mal reconnu socialement et financièrement.» Triste constat. Les profs affichent le manque de reconnaissance d’une société à leur égard et la pénibilité de leur travail encore méconnue par une grande partie de la population.

 

Que devrait être l’enseignant idéal?

Pour les parents, l’enseignant devrait être un transmetteur de savoirs ET de savoir faire. C’est pourquoi 38 % d’entre eux attendent davantage des profs un travail sur le développement des compétences personnelles des élèves, 26 % sur l’apprentissage de la confiance en soi et 22 % sur la préparation à l’insertion professionnelle. « Aujourd’hui, l’école reste focalisée sur la transmission des savoirs. Pourtant, les enfants ont largement accès à ces savoirs, via Internet. Dans un tel contexte, les parents attendent des enseignants qu’ils apprennent à exploiter ces savoirs, qu’ils développent le potentiel de chaque enfant, la créativité, l’imagination, l’esprit critique et la confiance en soi », explique Caroline Saliou, la présidente de l’Apel, dans Le Figaro. Pour les enseignants, en revanche, le prof idéal est celui qui transmet le goût de l’effort (45 % contre 5 % seulement de parents). Et c’est là le véritable écart d’appréciation entre parents et profs. De toute évidence, l’effort n’est plus une valeur promue par les familles alors que les professionnels de l’éducation, eux, en font une priorité ! La mission qu’ils souhaiteraient véritablement investir ? Participer activement à la promotion sociale par l’éducation (29 %) et transmettre davantage de savoir-faire (33 %).

 

Ce qu’il faut changer…
« Les propositions qui sont faites pour favoriser la réussite de tout élève trouvent très majoritairement des échos favorables auprès des parents comme des enseignants, à l’exception notable et relativement partagée de la bivalence (34 % favorables chez les enseignants) ou encore l’importance des notes, avec uniquement 52 % chez les parents et 55 % chez les enseignants qui la soutiennent. » précise l’enquête. Les parents et les enseignants prônent d’abord l’idée d’alterner le travail en classe entière et en petits groupes pour favoriser le suivi individualisé (respectivement 90 % et 94 %). De même, ils sont lassés par l’importance des programmes et souhaiteraient que les élèves maîtrisent davantage de compétences en fin de scolarité obligatoire. En ce sens le développement du numérique pourraient être une solution pour instaurer de nouvelles méthodes pédagogiques. Les profs et les parents souhaiteraient également qu’on porte davantage d’attention aux enfants en situation de handicap et sont (84 % et 89 % respectivement) de façon à ce que l’égalité des chances soit respectée au sein de l’école.

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