Une récente enquête du CEREQ analyse la place des diplômes dans les grilles définies par les branches professionnelles. Premier enseignement : à niveau égal, un diplôme n’est pas évalué de la même manière selon les secteurs d’activité. Deuxième enseignement : le diplôme n’est pas forcément valorisé sur le plan des salaires même s’il est exigé à l’embauche.


L’enquête de Pascal Caillaud, de Nathalie Quintero et de Fred Séchaud, intitulée « Quelle reconnaissance conventionnelle des diplômes dans les relations formation-emploi ? La place, le statut et le rôle des diplômes dans les conventions collectives » nous renseigne sur la valeur du diplôme dans l’entreprise. Les auteurs constatent d’abord que « De manière générale, la référence au diplôme dans les conventions collectives reste forte, mais est en diminution. » La bonne nouvelle ? Les CQP (Certificat de qualification professionnelle) intègrent dorénavant les grilles des conventions collectives au même titre que les diplômes de l’Education nationale même si c’est dans une bien plus faible proportion.


Les branches tenant compte des diplômes dans leur classification en cite minimum cinq. Ce sont celles qui intègrent des effectifs supérieurs à 40 000 salariés qui en classent le plus. D’autres (11 %), ne citent aucun niveau de formation ni de diplôme dans leur classification.


Des diplômes inégalement représentés

Globalement, les diplômes de niveau V et III sont assez bien représentés dans les classifications. Le CAP est cité à hauteur de 61 %, le BEP 42 % et le BTS 43 %. En revanche – et c’est la surprise – le bac pro n’apparaît lui qu’à hauteur de 23 % alors que sa dimension est spécifiquement professionnelle. « De 2001 à 2010, la négociation de branche portant sur la formation professionnelle continue a connu plusieurs périodes, marquées par la négociation au niveau national et interprofessionnel. Elle entraine peu de reconnaissance salariale des diplômes et des certifications. La plupart des textes comportent des dispositions de principe très générales, stipulant la reconnaissance des formations professionnelles suivies par les salariés. Rares sont les accords qui font référence à la reconnaissance des diplômes acquis par des dispositifs particuliers. » Si le diplôme reste un sésame pour s’ouvrir les portes des entreprises, il a somme toute une valeur inégale en termes de salaire selon les secteurs d’activité surtout lorsqu’on le valide par la voie de la formation continue.

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