La moitié du corps enseignant du lycée Jean-Rostand, à Roubaix, est en grève en ce jour de prérentrée. Ils réclament la suspension de leur proviseur et doivent être reçus ce lundi après-midi, au rectorat.

La moitié des profs de Jean-Rostand a séché la prérentrée, ce lundi, suite au préavis de grève déposé par l’intersyndicale SNES, SE-UNSA, CGT, SUD. Ils étaient 31 selon eux, 23 d’après la direction du lycée, à tenir le piquet devant la grille, accompagnés d’une poignée de membres de l’Association de parents d’élèves (APE) de Rostand. « Manipulateur », « menteur », les termes sont rudes pour qualifier le proviseur Robert Minéo dont ils réclament la suspension. Mais pour eux, l’heure n’est plus à la recherche de dialogue.

« C’est une revendication qui n’est pas négociable pour poursuivre sereinement nos missions », lâche un enseignant qui se présente sous le pseudonyme de M. Caplas. « Il n’y a plus de confiance », assène-t-il. « Les parents attendent du chef d’établissement un discours cohérent et la transmission de valeurs aux élèves », note une mère au nom de l’APE qui soutient le mouvement enseignant : « On croit aux valeurs pédagogiques de l’équipe enseignante, c’est pour ça qu’on la soutient. »

Pour appuyer leur demande, les grévistes évoquent des manquements au niveau de la gestion financière de l’établissement, des recrutements favorisant des proches du proviseur ou encore le laxisme de la direction vis-à-vis d’actes graves perpétrés par des élèves. Mais pour l’instant, enseignants et parents refusent d’en dire plus. « Nos sources sont sûres », se contente de répéter M.Caplas qui réserve ses arguments pour l’enquête administrative diligentée par le rectorat.

De son côté, Robert Minéo prépare sa défense. Dans un mémo de huit pages, dont il garde lui aussi la primeur pour le recteur, il répond aux attaques de ses enseignants. « Tout est traçable, tout est vérifiable », assure-t-il. Atteint, l’homme déclare vouloir laver son honneur et avoue avoir du mal à expliquer une crise qui l’a pris de court. « Je suis quelqu’un de caractère, mais il en fallait pour sauver le lycée », lance-t-il, estimant aussi que la reprise en main de Van-der-Meersch, le développement du partenariat avec l’INA ou la mise en route du chantier du Campus des métiers de l’image aient pu laisser croire à l’équipe pédagogique de Rostand qu’il délaissait le lycée. « Mais à un moment donné, il faut quand même amener des preuves », remarque-t-il. Les enseignants frondeurs avaient l’occasion de le faire, lundi après-midi, puisqu’une délégation devait être reçue au rectorat. En attendant le verdict de l’enquête administrative.

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