Augmenter le salaire des enseignants en éducation prioritaire pour rétablir l’attractivité des établissements sensibles. Voici ce que suggère Eric Charbonnier, expert chargé de l’éducation à l’OCDE, dans les Echos ce mercredi.

Réfléchir à des « augmentations de salaire conséquentes »

« Il faudrait, en France, réfléchir à des augmentations de salaires conséquentes et susceptibles d’attirer les enseignants » en éducation prioritaire, « de l’ordre de 30 % », estime l’expert. Plusieurs pays de l’OCDE ont déjà opté pour une revalorisation salariale des enseignants travaillant en zone sensible. Ainsi, « au Brésil, les enseignants qui travaillent dans des zones rurales désaffectées sont payés 60 % de plus que les autres. En Estonie, les enseignants en zone prioritaire perçoivent une prime de l’ordre de 12 000 euros sur trois ans », souligne Eric Charbonnier.

Sélectionner les enseignants dès le concours

Cette revalorisation devrait, selon l’expert, être accompagnée d’autres mesures incitatives telles que « des avancées plus rapides de carrière ou des décharges horaires ». Il faudrait aussi dès les concours de recrutement pouvoir « sélectionner des étudiants capables d’aller travailler en zone prioritaire« , préconise-t-il.

Actuellement, les profs exerçant en éducation prioritaire en France perçoivent une indemnité de 1 156 € annuels. Cette indemnité sera augmentée de 50 % en 2015 pour ceux qui travaillent en REP et doublée pour les enseignants de REP+. Ces derniers bénéficient également d’une pondération des heures d’enseignement de 1,1 dans le 2nd degré (correspondant à une décharge d’environ 1h30 par semaine pour un service complet) et à 18 demi-journées remplacées dans le premier degré.

Source