Des intentions affichées aux motivations réelles

C’est le nouveau dogme du ministère pour assurer la réussite de tous les élèves : la miraculeuse interdisciplinarité.

On peut évidemment s’interroger sur la pertinence, dans le premier cycle du secondaire, d’un « enseignement pratique interdisciplinaire » (pour reprendre ce jargon typique de l’Éducation nationale et qui risque bien d’être incompréhensible pour les parents les plus éloignés de l’école) rognant sur les disciplines, quand les élèves les plus fragiles éprouvent les plus grandes difficultés à maîtriser ne serait-ce que les disciplines fondamentales, même à l’issue de la scolarité obligatoire.

Mais qu’on se rassure : ainsi que les nouveaux programmes l’expliquent doctement, ces enseignements « contribuent tout particulièrement à l’acquisition de compétences complexes qui permettent aux élèves de choisir et combiner, parmi les procédures qu’ils maîtrisent, celles qui conviennent à une situation ou à une tâche non connue et complexe » (sic).

Un intérêt pédagogique ?

Tout laisse pourtant à penser que ces pratiques pédagogiques innovantes, intellectuellement séduisantes pour certains, profiteront aux meilleurs élèves.

De fait il existe des précédents piteux dans l’Éducation nationale : au collège les « itinéraires de découverte » (IDD) dans les années 2000, qui – déjà – avaient permis de réduire les horaires disciplinaires (en s’y ajoutant néanmoins). Et au lycée professionnel les défunts « projets pluridisciplinaires à caractère professionnel » (PPCP). Des expériences fumeuses, bien peu concluantes et dont le bilan reste étonnement discret.

 

lire la suite sur la source