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Lettre d’information Action & Démocratie
18 mars 2021

Au sommaire de cette nouvelle lettre d’information d’Action & Démocratie

• Le baccalauréat 2021 : du pipeau !
• Les compétences : du pipeau !
• Le Grenelle de l’éducation : du pipeau !
• Pronote, le diable derrière les bonnes intentions.
• Revue « Le Pari de l’intelligence » : extraits.

1/ Le baccalauréat 2021 : du pipeau !

L’insupportable pression sur les notes de contrôle continu Déclaration au Conseil supérieur de l’éducation le 11 février 2021

« Les notes données en cours d’année relèvent de ce qu’on appelle l’évaluation formative : elles ne peuvent du jour au lendemain être transformées en notes d’examen. La réforme du baccalauréat rend ce tour de passe-passe en partie réglementaire, puisque le contrôle continu entre déjà à hauteur de 10% dans le diplôme : chacun était donc censé savoir, côté enseignant comme côté élève, que les notes mises depuis le mois de septembre 2020 « comptaient pour le bac ». Cependant, et c’est notre analyse, la transformation des épreuves de spécialité en contrôle continu décidée à la fin du mois de janvier revient à changer les règles au cours du jeu et à donner a posteriori aux notes mises depuis septembre une valeur et un poids qu’elles n’étaient pas censées avoir. Nous voterons donc contre les textes présentés ce jour et nous réservons la possibilité d’en contester la légalité devant le Conseil d’Etat, l’argument de l’état d’urgence sanitaire ne pouvant suspendre tous les principes du droit, à commencer par celui de la non-rétroactivité des lois et règlements.

Les notes données en cours d’année relèvent de la liberté pédagogique de l’enseignant et de sa seule responsabilité : elles ne peuvent pas faire l’objet d’une harmonisation a priori dont les critères seraient arbitraires. Ce que nous craignons en revanche, et que nous sommes les seuls à dénoncer depuis deux ans, c’est la mise en œuvre, sous couvert d’harmonisation, de pressions sur les collègues afin que les uns alignent leur notation sur les autres. De fait, à l’intérieur d’un même établissement et d’une même équipe disciplinaire, les pratiques en matière de notation varient d’un enseignant à l’autre, les uns pouvant avoir la réputation d’être sévères ou exigeants, d’autres celle d’être plus généreux, voire laxistes. Cette hétérogénéité, qui n’a rien de problématique en soi, devient cependant une source de plaintes et de récriminations, notamment de la part de parents d’élèves qui, à la faveur de Pronote comme de la place excessive qui leur a été donnée dans l’école au fil du temps, se permettent de plus en plus contester la notation de tel professeur si elle ne leur convient pas, en utilisant celle d’autres professeurs à titre d’argument. Beaucoup, pour ne pas avoir à affronter ces

réclamations parfois virulentes, renoncent même d’emblée à maintenir une notation reflétant le niveau réel de l’élève. » […]

Lire l’intégralité de notre déclaration…

 

2/ Les compétences : du pipeau !

« D’aucuns prétendent que les compétences ont complètement bouleversé le rapport des élèves à l’évaluation : ils ne craindraient plus (sublime image d’Épinal !), la boule au ventre, le retour des copies notées au pifomètre et rendues classées par un professeur tyrannique. Ces détracteurs de la « constante macabre », qu’ils soient professeurs ou spécialistes ès « sciences de l’éducation », ne se rendent pas compte que les compétences peuvent à leur tour devenir « constantes macabres » : ces évaluations sur une échelle à quatre niveaux – à moins d’être doublées par des notes chiffrées qu’elles prétendaient remplacer : délicieux paradoxe – ne permettent pas de rendre visibles les progrès d’un élève ; ou alors il faudrait, à chaque évaluation, progresser très significativement pour passer au palier coloré supérieur. 4/20 = rouge ; 5/20 = rouge ; 6/20 = rouge ; 7/20 = rouge… Un élève fragile ne se voit pas progresser, tout comme un élève habituellement performant ne voit pas ses « rechutes » (il est systématiquement « vert ») et se laisse plus volontiers aller.

Réputée plus précise, plus juste, plus motivée que l’évaluation dite « traditionnelle », par notes, l’évaluation par compétences est, en réalité, souvent truquée : certains chefs d’établissements demandent (exigent, même, s’arrogeant une prérogative pédagogique qu’ils n’ont pas) de « mettre plus de vert » ou de « transformer le jaune en vert », ou tout simplement d’« éviter au maximum le rouge ». Quand ils n’ont pas satisfaction, comme ils ont la main sur les bilans de fin de cycles, ils peuvent, à leur guise, en tapinois, repasser derrière les professeurs et modifier comme bon leur semble l’évaluation par compétences. Toujours à la hausse, bien entendu, car il faut que les élèves soient « en réussite ». (Solution efficace pour éviter la « constante macabre », cela dit : il suffit de tricher pour faire disparaître ce qui fâche.) Certains appellent cela « harmonisation » : nous appelons cela fraude. » […]

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3/ Le « Grenelle » de l’Education : du pipeau !

« Les vraies questions qui occupent les professeurs n’y sont pas abordées. Nous avons certes échappé de peu au « serment de l’enseignant» et à la mutation obligatoire tous les 5 ans, comme à France Télécom mais il n’y a strictement rien à attendre d’une telle comédie et c’est en réalité à nous d’écrire notre contre-Grenelle, dont voici quelques pistes :
– L’autonomie des professeurs et des élèves, plutôt que l’autonomie des établissements.
– La suppression du master MEEF.
– Pour attirer de bons candidats, recruter les PE et les certifiés comme avant, avec une licence et la perspective d’avoir un métier stable à 21 ans.
– La réussite au CAPES ou le concours de PE doivent donner l’équivalent d’un master 1 validé. Le recrutement des agrégés doit se faire en master 1, la réussite au concours donnant automatiquement un master 2 validé, avec possibilité de poursuite en thèse. Autant de progressions de carrières possibles !
– Des facilitations d’emploi du temps et des aménagements pour rédiger une thèse de doctorat.
– La fin du néomanagement et du new public management
– La fin de l’autoritarisme blanquérien. Un statut des proviseurs et principaux non plus comme « chefs » mais comme primus inter pares

Il nous faut, par ailleurs, retrouver des enseignants acteurs, chercheurs et lecteurs, cela passe par moins de réunions et de formations ineptes, moins de temps gâché à remplir des grilles de « compétence ». Il nous faut retrouver, comme c’était le cas pendant des décennies, des enseignants qui publient, recherchent, adhèrent à des sociétés savantes. Des enseignants du primaire correspondants locaux de la société d’archéologie, des professeurs de lycée auteurs d’articles à comité de lecture et intégrés à des laboratoires universitaires. » […]

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4/ Pronote : le diable derrière les bonnes intentions

L’Education nationale a racheté Pronote, ce logiciel de gestion scolaire qui s’est niché dans la vie des établissements scolaires, et y a prospéré. Outil de gestion certes, oui, grâce auquel listes d’élèves, emplois du temps des classes et des collègues autorisent avec facilité l’accès à des informations pratiques utiles à qui veut remplacer, organiser ou réorganiser son travail au sein des ruches complexes que sont devenues nos collèges et lycées.

Dans le meilleur des mondes, cet outil serait incontestablement un progrès. Avec un peu d’ironie, soulignons ici la notable économie de papier indubitablement bonne pour la planète que Pronote permet : plus de petits mots de collègue à collègue dans les casiers de la salle des professeurs pour prendre contact ou rendez-vous, plus (ou moins) de distribution de photocopies aux classes, mais une diffusion pratique en un clic de PDF via la messagerie, les listes de classes et de groupes à disposition et non plus dactylographiées, imprimées et photocopiées pour distribution, etc.
Les arguments de facilitation de gestion ne manquent jamais aux gestionnaires, ou du moins à ceux qui prétendent leur permettre de travailler plus, mieux et plus vite. Ce raisonnement serait juste si la charge de travail restait égale. Cependant, on découvre vite, et avec amertume, que puisqu’on peut, grâce à l’informatique, travailler mieux, davantage et plus vite, on en demande à chacun plus qu’avant et que la charge de travail non seulement ne diminue pas, mais augmente ; et bien souvent, grâce à l’informatisation des tâches, des emplois sont supprimés, tandis que les employés qui restent, eux, prennent la direction du « burn-out ». […]

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5/ Le Pari de l’intelligence, numéro 2

Action & Démocratie publie le deuxième numéro du Pari de l’intelligence, revue d’analyse et d’information mise gracieusement à disposition de tous dans les bonnes salles de professeurs.

Comme le premier numéro toujours disponible, ce deuxième numéro contient des articles de fond sur des sujets de haute importance pour toute la profession et au-delà : une analyse de référence sur les effets psycho-sociaux des technologies numériques par Roland Gori, psychanalyste, professeur émérite de psychologie et de psychopathologie clinique à l’université Aix-Marseille ; une réflexion remarquable sur le corps à l’école par Philippe Herr et Nicolas Dejean, respectivement professeurs de lettres modernes et d’EPS ; un dossier spécial consacré à l’Amendement Samuel Paty ; de nombreux autres articles de qualité, des témoignages de terrain, des entretiens et des informations très utiles, le tout servi par une photographie d’art faisant du Pari de l’intelligence un objet aussi utile que beau.

Feuilleter un extrait du numéro 2…

 

Action & Démocratie, par son affiliation à la CFE-CGC, est le syndicat qui a vocation à défendre et représenter les personnels de l’éducation en tant que cadres de catégorie A ou assimilés. Notre organisation réunit professeurs des écoles, professeurs des collèges, des lycées généraux, technologiques et professionnels, professeurs de l’enseignement supérieur, professeurs documentalistes, personnels de vie scolaire, personnels administratifs et de direction : les spécificités de chacun y sont reconnues et respectées mais c’est en nous mettant ensemble que nous nous donnons les moyens de peser, d’enrayer la dégradation sans fin de nos métiers et de reconstruire une école digne de ce nom.

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