Les dessous et les enjeux des élections de décembre 2018

Les élections professionnelles 2018 : un enjeu décisif pour l’avenir de l’éducation et de nos métiers

  • Pouvoir d’achat en chute vertigineuse depuis plus de 20 ans,
  • Rémunération principale sans rapport avec nos qualifications,
  • Primes supprimées du jour au lendemain sans aucune compensation,
  • Augmentation constante de la charge mais aussi de la pénibilité du travail,
  • Emplois du temps aberrants et multiplication des services éclatés sur plusieurs établissements,
  • Hiérarchie faisant les yeux doux aux « usagers » et ne respectant pas son « personnel »,
  • Profession complètement dévalorisée et qui n’attire plus !

Ces constat, tous le font et le déplorent, mais beaucoup semblent se résigner : plus de la moitié d’entre nous en effet (environ 577000 agents sur un corps électoral de 990000 agents environ) n’a pas participé au scrutin permettant de désigner les membres du CTMEN (Comité Technique Ministériel de l’Education Nationale) lors des élections professionnelles de 2014 ! La participation aux autres scrutins (CTA, CAPN, CAPA, etc.) est aussi faible, le vote électronique, qui n’a fait qu’accentuer cette tendance, ne suffisant pas à l’expliquer.

Avons-nous donc perdu tout espoir d’améliorer la situation ? Acceptons-nous vraiment qu’elle ne cesse de se dégrader ? Nous ne le pensons pas : Action & Démocratie fait le pari de l’intelligence. Notre jeune et dynamique syndicat, en inscrivant la défense de nos professions au sein de celle des cadres (par son affiliation à la CFE-CGC) veut offrir à chacun l’occasion, et nous donner collectivement les moyens, de tourner la page de décennies d’immobilisme, d’errements, d’impuissance et finalement de résignation !

Les syndicats de l’éducation qualifiés de « majoritaires » ne le sont, en réalité, qu’à la faveur d’un scrutin dont justement la majorité de la profession se désintéresse, à moins qu’elle ne choisisse délibérément de le boycotter. Un tel niveau d’abstention est d’autant plus significatif que nos professions font plutôt partie des plus exemplaires en matière de participation électorale dans le cadre d’autres scrutins, notamment politiques. Il n’est pas simple d’en interpréter le sens, tant les causes de cette abstention sont complexes. Le premier message que la profession adresse aux organisations qui prétendent les représenter est cependant très clair : elles ne l’ont pas convaincue ; elles n’ont pas démontré leur efficacité ni fourni les preuves suffisantes de leur utilité, notamment pour empêcher la dégradation de nos conditions de travail et l’insupportable dévalorisation de nos métiers qu’elle a engendrée.

Une organisation syndicale n’est pas faite pour se contenter d’informer la profession de la couleur et de la saveur de la sauce à laquelle elle sera assaisonnée avant d’être mangée ! Elle n’est pas faite non plus pour lui faire perdre toute crédibilité en propageant dans l’opinion publique des slogans simplistes, ni pour lui faire perdre toute audience en lançant régulièrement des appels à la grève de moins en moins suivis, ce qui contribue à en invalider le principe même ! Pour être utile, une grève des personnels de l’éducation devrait être aussi rare et, pour cette raison, aussi solennelle et aussi impressionnante aux yeux des Français qu’une grève de juges ou de médecins ! Les multiples grèves d’une journée par-ci et d’une autre par-là n’ont aucune utilité vis-à-vis du ministère ; elles servent souvent à satisfaire une frange très militante et très minoritaire tout en épuisant la profession ; elles sont par-dessus le marché l’occasion de faire faire au ministère de substantielles économies sur le dos des grévistes ! La majorité de la profession ne se fait plus d’illusion en ce domaine, et il est temps de lui proposer autre chose.

Nous voulons un syndicalisme intelligent, indépendant et qui fasse enfin respecter la profession, ce qui a pour première condition d’en porter la parole sans la déformer ni la trahir. Un syndicalisme qui ne cède pas au goût immodéré de certains pour cette langue de bois dont le seul but est de masquer l’état déplorable dans lequel on a mis l’école, parce qu’on la charge de missions qui ne sont pas les siennes, ainsi que l’état misérable où l’on veut mettre les professeurs, dont on se refuse à employer les compétences disciplinaires pour lesquels on les a recruté tout en les transformant en simples animateurs socio-culturels. Il faut dire les choses clairement et sans tourner autour du pot comme le font tous ceux qui, n’ayant que le mot « réussite » ou l’expression « faire réussir » à la bouche, prennent un air étonné ou moqueur quand on prononce les mots « instruction » ou « discipline » dont ils ne veulent plus entendre parler ! Non, l’école n’est pas un service dont les élèves, et leurs parents, sont des usagers ou des clients qu’il faut satisfaire ! Non, l’école n’est pas une garderie où l’on occupe le temps en « activités » sans se soucier de faire vraiment apprendre quoi que ce soit aux élèves ! Non enfin, le professeur n’est ni un animateur ni un simple exécutant tout juste bon à assister ses élèves dans le face-à-face avec une tablette ou un écran quelconque, comme on s’emploie à le transformer ! Le premier devoir d’un syndicat de l’éducation digne de ce nom est de défendre une école et une éducation dignes de ces noms : Action & Démocratie le fait avec constance au Conseil supérieur de l’éducation, où l’on semble entendre la voix des professeurs pour la première fois !

Un syndicalisme crédible est un syndicalisme indépendant. Indépendant de tout parti politique évidemment, et indépendant vis-à-vis du ministère également. La plupart des syndicats de l’éducation affichent une orientation politique assumée, quand il ne s’agit pas de l’allégeance à un parti. Pour Action & Démocratie, être de gauche ou de droite, ou encore ni l’un ni l’autre, n’est pas une vertu ; le courage est une vertu ; l’honnêteté est une vertu ; la justice est une vertu ; etc. Lorsqu’on estime les gens en fonction de leurs opinions, et non de leurs vertus, alors commence une forme de tyrannie dont rien de bon ne peut sortir. Nous ne demandons pas leur carte à nos adhérents, et ne voulons rien savoir de leur orientation politique ou autre : seule compte pour nous l’appartenance à une profession qui suppose elle-même de vraies vertus, celles qu’on voit rarement dans le monde politique justement, celles aussi qui font tenir à bout de bras l’institution et la maintiennent debout quand tant d’autres, seulement intéressés à faire carrière ou à satisfaire une pulsion de domination, la veulent à genoux et bientôt couchée !

Mais l’indépendance, cela a un prix, tout comme la vertu. Nombreux sont nos collègues qui ignorent de quelle façon les élections professionnelles représentent pour certains une manne qui permettra de distribuer, dans la plus totale opacité, un nombre considérable de décharges de service. Ils ignorent aussi que certaines organisations, ne sachant manifestement pas quoi faire de tant de moyens de fonctionnement mis à leur disposition, vont jusqu’à décharger complètement de tout service des collègues qui iront ensuite fanfaronner et pontifier au ministère sur un métier qu’ils n’exercent plus, osant se prononcer sur des réformes en fonction de leurs seules opinions confuses sur l’école ou de n’importe quelle lubie qu’ils ont pris à cœur en guise de conviction ! C’est à eux que l’on doit les absurdités dont est truffée la loi Peillon, à commencer par le fameux socle de « compétences » qui est une insulte au bon sens pédagogique ; c’est à eux que l’on doit les heures de rien qui remplacent les enseignements disciplinaires dans les emplois du temps des élèves ; c’est précisément à eux que l’on doit la catastrophique réforme du collège, sur laquelle l’actuel ministre a fait semblant de revenir ; ce sont eux enfin qui hantent colloques, conférences, congrès et autres salons où s’exhibent les innovations les plus grotesques et s’élaborent les mesures les plus insensées dont tout le reste de la profession doit subir par la suite les conséquences quand elles ont eu le malheur de plaire à un ministre de passage, comme ils le sont tous, et qu’elles deviennent nos obligations de service dès qu’elles ont été gravées dans le marbre de la loi !

Nos collègues doivent savoir comment les choses se passent réellement, et c’est le rôle d’un syndicat que le leur dire en toute transparence. Tout syndicat a besoin de moyens pour fonctionner, et une partie de ces moyens consiste en temps mis à disposition par l’administration sous forme de décharges et d’autorisations d’absence. Pour garantir le pluralisme et favoriser une représentation plus fidèle de la profession, tous les syndicats devraient, dès lors qu’ils existent et que leur activité est établie et avérée, bénéficier de droit de tels moyens, dont la juste répartition ne devrait pas dépendre d’un seul scrutin ni y être particulièrement inéquitable, comme c’est le cas aujourd’hui. Quelques éléments pour éclairer chacun :

2500 ETP (Equivalents temps plein) sont répartis entre le ministère de l’éducation nationale et celui du supérieur, selon des règles valables pour toute la fonction publique (1 ETP par tranche de 230 agents pour un total de 140000 agents, et 1 ETP par tranche de 650 agents au-delà) ; ce qui donne pour l’éducation nationale environ 1920 ETP.  Leur répartition dépend ensuite du seul scrutin pour désigner les 15 membres du CTM lors des élections professionnelles. La moitié de ces ETP est distribuée aux  organisations ayant au moins un siège au CTM, l’autre moitié à toutes les organisations s’étant présentées à ce scrutin au prorata des voix obtenues, même celles qui se sont déjà vues attribuées la première moitié des ETP, et qui sont donc servies deux fois car, ici comme ailleurs, on ne prête décidément qu’aux riches ! Ce qui explique que certaines organisations, bénéficiaires d’un nombre considérable d’ETP et ne sachant plus quoi faire d’une telle profusion de décharges, les distribuent à n’importe qui pour faire n’importe quoi, n’hésitant pas à décharger totalement certains collègues au mépris de toute déontologie.

Et s’il n’y avait que les décharges…. Nos collègues sont certainement au courant que le « dialogue social », dont chacun peut mesurer par ailleurs l’absence inversement proportionnelle à l’invocation permanente (rappelons que le Conseil supérieur de l’éducation a rejeté les réformes du baccalauréat et du lycée sans que le ministère en tiennent le moindre compte, ce dernier osant même faire état d’un pseudo-consensus à ce sujet dans les médias !), le fameux « dialogue social » donc est financé par le gouvernement au travers d’un fonds dont l’enveloppe en 2016 était de 122.8 millions d’euros répartis entre les syndicats (selon leur représentativité) et le patronat. Ils doivent savoir que les organisations représentatives des fonctionnaires d’Etat ont également bénéficié d’une « subvention exceptionnelle », de très moindre ampleur certes, et ainsi répartie :  les syndicats de la fonction publique de FO, UNSA, FSU, CFDT et CGT se voient gratifier d’une enveloppe de 33 332.32 euros chacun, tandis que SUD et la CGC ne perçoivent que 16 666.66 euros, cette « subvention exceptionnelle » et sa répartition inégalitaire faisant l’objet d’un arrêté publié au JO en pleine torpeur estivale, le 28 août 2018. De ces subventions, nous ne voulons pas : pour conserver sa totale indépendance vis-à-vis du ministère, nous tenons à faire savoir qu’Action & Démocratie refuse par principe toute subvention et ne fonctionne que grâce aux cotisations de ses adhérents, ce qui est loin d’être le cas de toutes les autres organisations syndicales de l’éducation !

Bien entendu, les syndicats doivent avoir les moyens de fonctionner, essentiellement via le « crédit de temps syndical » qui leur est octroyé sous forme d’ETP et d’autorisations spéciales d’absence afin de pouvoir siéger dans les différentes instances et y défendre leurs adhérents aussi bien que l’ensemble des collègues. Mais la répartition de ces moyens, abstention record aidant, est totalement inégalitaire, ce qui ne dérange manifestement pas ceux qui en profitent le plus, bien qu’ils fassent en général du combat pour l’égalité leur cheval de bataille. Quant à l’usage qu’ils en font et son efficacité, chacun est à même d’en juger.

Nous tenions à vous informer des enjeux aussi bien que des dessous de ces élections, auxquelles il est indispensable que la profession participe massivement et de façon éclairée : une représentativité cohérente et fidèle à la réalité de notre profession est urgente, le pluralisme est aussi vital dans le champ du dialogue social que dans celui du débat démocratique. Il y va, en outre, du sort de l’école républicaine, si mal défendue jusqu’à présent contre le véritable rouleau-compresseur d’un ministre encensé par les médias tandis qu’il ignore superbement la réalité du travail et l’expression, encore trop discrète, des professeurs de terrain.

Avec Action & Démocratie, vous pouvez vous faire entendre et faire exister le syndicalisme indépendant : prenez connaissance de nos positions et déclarations afin de vous faire votre opinion, n’hésitez pas à y contribuer. N’hésitez pas non plus à nous solliciter pour figurer sur nos listes. Enfin n’oubliez pas de voter et faire voter vos collègues à ces élections professionnelles de 2018, si décisives pour l’avenir de l’école et de nos métiers, qu’il ne suffit plus de défendre mais qu’il faut désormais reconstruire !

Comment se porter candidat sur les listes Action et Démocratie cfe-cgc sur tous corps et grades : Agrégés, Certifiés, PLP, PE, CPE, Administratifs A, B, C, PSY-EDUCATION ?

il suffit d’activer le lien ci-après, de sélectionner la CAPA, CTA (niveau Académique) ou, et, CAPN, CTM (niveau National) qui correspondent à votre corps. Il est possible de compléter les rubriques des 4 actes de candidatures par corps puis les renvoyer à:

Action et Démocratie cfe-cgc
15-17 rue Beccaria 75012 PARIS

Chaque collègue ayant déposé une candidature sera informé de son traitement. Pour toutes informations sur les actes de candidature, vous pouvez nous interroger au secrétariat National par mail :

adnational@actionetdemocratie.com
tél : 06 81 89 55 55

Le Président National
Walter CECCARONI

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