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ET QUI NOUS PROTEGE DE VOUS ?

 

« Le respect de l’autorité du professeur est la condition absolue d’un enseignement serein ; en ce domaine nous ne pouvons pas nous accoutumer à l’inacceptable ni tolérer le moindre renoncement. » Belle introduction M. le ministre. Exceptés les quelques illuminés pour qui « l’autorité c’est fasciste », il sera difficile pour le corps enseignant de ne pas vous suivre jusque là.

Hélas autant vous le dire, chers collègues, l’inacceptable vous avez intérêt à vous y accoutumer. Quant au ministère, il a renoncé depuis longtemps et il le tolère très bien, merci pour lui. Quand on pense que ce « plan violence » est mijoté depuis 2018 mais restait dans les cartons… il est vrai que les profs n’en avaient pas suffisamment pris plein la gueule l’année dernière alors ça pouvait bien attendre.

Donc que trouvons-nous dans ce nouveau « guide d’accompagnement en cas d’incivilité ou d’agression dans le cadre de vos fonctions » ? En bon petit fonctionnaire zélé et conscient du peu de temps dont mes collègues disposent en général pour étudier les documents officiels, je leur propose ici une synthèse (#Traduisons-les) :

A. En cas de difficulté au sein de la classe :
1-Parlez-en avec vos collègues.
-Ah bon, toi aussi ?

2-Parlez-en à votre IEN.
-Mme Machin, tenez bon, vous allez y arriver et ne me dérangez plus s’il vous plaît.

3-Renforcez vos compétences par une formation car si vous n‘arrivez plus à gérer vos élèves, c’est que vous êtes incompétent(e). CQFD.

B. En cas d’incivilité et/ou d’agression dans le cadre de vos fonctions :
-Parlez-en avec vos collègues.
-Pourtant avec moi il est calme, Brandon. Ah non, par contre je peux pas le prendre dans ma classe…

Signalez à votre IEN.
-Mme Machin, je vous ai dit de ne plus m’appeler !!

-Demandez à votre IEN un soutien psychologique.
-Mme Machin, je pensais bien que vous étiez fragile.

C. Procédure à suivre en cas de comportement perturbateur d’un élève
-Faites appel à une personne ressource.
– Supernany ?

-Réunissez l’équipe éducative et le psy scolaire
-bla bla bla bla bla…

-Contactez le médecin de l’éducation nationale
– Ça existe, ça ??

– En dernier recours et à titre exceptionnel, le DASEN peut déplacer l’élève ingérable dans une autre école.
-Coucou les collègues, c’est cadeau !!!

Voilà nous terminons la partie conseils aux personnels et n’allez pas croire que ce n’est que du vent pour nous enfumer car M. le ministre a aussi sonné la mobilisation de ses subalternes (nos chefs quoi) ! Nous sommes heureux de vous annoncer que vous n’entendrez plus jamais le classique :
« Et qu’est-ce que vous lui aviez fait à cet élève pour qu’il vous crache dessus ? »
Eh oui, finie l’omerta, on ne cache plus rien sous le tapis, on va vous PRO-TE-GER: « Tous les personnels ont droit au respect de leur autorité au sein de leur classe et de l’école, mais aussi au soutien et à l’appui de leur hiérarchie » et comme chez Casino c’est pas que des mots, jugez plutôt :

1. Dans chaque département, une convention Éducation nationale-Justice-Intérieur-Agriculture (pourquoi pas les comptes publics et les anciens combattants ?) sera établie pour assurer une meilleure coordination des missions de chacun. Autrement dit, au lieu d’être deux à ne pas trouver de solution, maintenant on sera 10.

2. La prise en charge des quelque 1 500 élèves « hautement perturbateurs » dénombrés par le ministère. Désormais, le DASEN pourra affecter les élèves les plus durs dans l’une des 298 classes-relais, sans avoir besoin de l’accord de leurs parents. « Alors d’après un calcul rapide 1500 élèves ça fait une moyenne de 15 élèves par département ! Eh les collègues, les 15 sont dans notre école ! Qu’est-ce qu’ils doivent être tranquilles dans le reste du département ! » Et qui nous dit que ces élèves ne sont pas déjà inscrits dans des structures d’éducation spécialisée qui n’auront qu’à changer de nom pour gonfler les statistiques ?

3. La responsabilisation des familles. La mesure concerne uniquement les élèves ayant connu au moins deux exclusions définitives dans la même année. Le principe : associer les familles en établissant avec elles un protocole d’accompagnement et de responsabilisation, qui mettra en place un suivi éducatif précis.
-Auriez-vous la gentillesse de nous promettre par écrit d’éduquer Brandon parce que ça fait juste quatre de ses camarades qu’il envoie à l’hosto ?
-Mais bien sûr, où est-ce qu’on signe ?

On rappellera ici que dans le premier degré, l’exclusion d’un élève (ne serait-ce qu’une fois) est extrêmement rare et ne peut découler que d’actes d’une extrême violence. Mais un petit contrat fera l’affaire, ça ne fait aucun doute.

Bilan : Qu’avez-vous appris, M. le ministre, du drame de Jean Willot ? Des calomnies ignobles dont Luc Vandehove a été victime ? Et, accessoirement, que proposez-vous pour aider les collègues qui s’estiment -à juste titre- victimes de violences causées par leur hiérarchie ?

M. le ministre, voulez-vous des mesures concrètes ? En voici deux dont nous vous garantissons qu’elles permettront la protection des enseignants que vous prétendez défendre :

1. Au lieu de supprimer des postes et des structures spécialisés (RASED, ULIS, ITEP…), créez-en au contraire, et suffisamment pour que les élèves ultra-violents puissent recevoir une aide éducative et psychologique appropriée.

2. Donnez clairement et publiquement des consignes à tous les maillons de la chaîne hiérarchique : Message à tous les recteurs, inspecteurs, et autres proviseurs, on brise l’omerta sur la violence scolaire, je répète ON BRISE L’OMERTA ! Ordre de soutenir et d’aider tout collègue en souffrance dans l’exercice de ses fonctions. Si j’apprends que l’un de vous tente encore de cacher les faits de violence sous le tapis, il peut renoncer à son avancement !!

Retour sur terre. Vendredi 30 août 2019, réunion de rentrée des directeurs d’écoles primaires. Ordre du jour de M. le DASEN :
*NOUVELLE PAPERASSE ADMINISTRATIVE
*DEVOIR DE RESERVE DES FONCTIONNAIRES
*MENACES CONTRE LES RECALCITRANTS AUX EVALUATIONS NATIONALES
*ECOLE DE LA CONFIANCE

Qui nous protège de vous ?

 

 

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