Retraite et « redéfinition » du métier
Action & Démocratie dit NON !

 

La réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron aura-t-elle des conséquences néfastes sur le niveau des pensions des personnels de l’éducation ? Le gouvernement, en la personne de son Premier ministre, prétend que non. Edouard Philippe a en effet répété, lors d’un débat avec des enseignants à Nancy, ce qu’il avait déclaré au CESE : les pensions des enseignants seront « sanctuarisées » (sic) et la loi leur garantira un niveau de pension identique à celui des fonctionnaires de catégories A comparables.

On aimerait évidemment le croire, mais les choses ne sont pas si simples. Tout d’abord, et depuis les réformes du collège, du lycée professionnel et du lycée général, toutes imposées par la force à une profession qui les rejetait massivement et pour de très bonnes raisons, nous ne pouvons plus croire aux paroles de ceux qui font sans cesse le contraire de ce qu’ils disent ! Jean-Michel Blanquer s’étonne que l’on n’accorde aucun crédit à la parole publique des autorités, mais il est responsable de ce qu’il déplore.

Quand bien même le niveau des pensions serait maintenu en passant d’un régime par trimestre à un régime par point, le gouvernement est contraint d’admettre que tenir une telle promesse est un défi sur le plan technique tant le sujet est complexe et les situations diverses. En vérité, il n’est même pas sûr d’y parvenir, raison pour laquelle, alors que cette réforme est déjà dans les cartons depuis plus de deux ans, le flou persiste et, littéralement, on ne sait toujours pas où l’on va, alors que dans le cas contraire, il eût été simple de produire des simulateurs permettant de démontrer que le niveau des pensions était inchangé.

Mais ce que nous voyons se profiler est sans doute pire : sous couvert de maintenir le niveau des pensions dans le nouveau régime, le ministre ne cache pas sa volonté d’assortir une prétendue « revalorisation » d’une « évolution » du métier. Action et Démocratie/CFE-CGC dit non !

Rappelons d’abord que ce que le ministre appelle honteusement « revalorisation » n’est, en réalité, qu’une « compensation » de l’abandon de la prise en compte des six derniers mois au profit d’une définition des pensions sur toute la carrière, ce qui pénalise à l’évidence une profession dans laquelle les salaires sont bas, pour ne pas dire indécents, pendant plus de la première moitié de la carrière. Mais la « revalorisation », c’est autre chose : c’est reconnaître qu’en 40 ans, notre niveau de vie s’est effondré, et cela n’a strictement rien à voir avec le sujet des pensions !

La négociation est donc très mal engagée, car elle est fondée sur des sophismes que nous refusons. Il n’y a non seulement aucune raison valable de « faire évoluer » le métier (qu’il faut au contraire sauver de cette folie réformatrice qui dévaste l’éducation nationale), mais il n’y a aucune raison de lier une indispensable revalorisation à de telles lubies de technocrates !

La négociation est d’autant plus mal engagée que le ministère cherche à s’appuyer sur des organisations syndicales qui militent depuis toujours pour « faire évoluer » le métier et transformer les enseignants en animateurs de club de vacances – y compris en acceptant de raccourcir celles-ci.

Action et Démocratie/CFE-CGC appelle donc à la grève et à manifester le 17 décembre, lendemain du jour où la commission des requêtes de la Cour de justice de la République va se prononcer sur la plainte que nous avons déposée contre le ministre pour violation et non-respect de la loi dans l’exercice de ses fonctions en matière de santé et prévention. Dans un cas comme dans l’autre, nous agissons dans un seul but : défendre la profession et défendre les personnels, qui n’en peuvent plus de voir leur métier et leur santé être sacrifiés sur l’autel d’une raison technocratique bornée.

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