Les professeurs des écoles feront officiellement office de garderie !

Jamais les discours officiels n’ont été à ce point en décalage avec la réalité du terrain. Le Gouvernement a mis en avant des arguments sociaux tout à fait recevables pour annoncer un déconfinement progressif à partir du 11 mai. En effet les collègues travaillant dans des zones d’éducation difficiles savent bien que les conditions sociales du confinement peuvent être dramatiques pour certaines familles. Face à cela, un élargissement du service d’accueil existant pour les enfants de soignants était envisageable, y compris pour permettre une certaine reprise économique dont nous mesurons la nécessité.

Au lieu de cette mesure de bon sens, le Président a annoncé la réouverture des écoles à une date ferme qui devenait de facto le point de repère pour un déconfinement général, alors que nul ne peut savoir quelles seront les conditions sanitaires à la date choisie du 11 mai, et que tous peuvent deviner que cette date risque fort d’être la prémisse d’une nouvelle vague.

Aujourd’hui, après le discours d’Edouard Philippe qui contredit, une fois de plus, le ministre de l’Education Nationale, le plan de déconfinement change de nouveau et, contrairement à ce qui avait été d’abord envisagé, seuls les élèves les plus jeunes, qui ne peuvent pas se garder eux-mêmes, sont concernés par la date du 11. Ce retour à l’école étant laissé au volontariat des usagers l’argument social des familles en difficultés tombe de lui-même. Ce n’est donc pas de la réouverture de l’école qu’il s’agit, mais de l’ouverture d’une garderie à la carte, et quoiqu’il en coûte en matière d’organisation et de contrainte pour assurer la sécurité sanitaire. Le protocole basé sur recommandations du Conseil scientifique va demander un effort considérable. Rappelons que de nombreux pays européens ne rouvrent leurs écoles qu’en septembre et que le Japon, qui avait rouvert les siennes, a dû les refermer en urgence : ses hôpitaux sont aujourd’hui complètement saturés suite à une deuxième vague.

De manière très succincte les principes de base du protocole sont le maintien de la distanciation physique, l’application des gestes barrière, la limitation du brassage des élèves, l’assurance d’un nettoyage et d’une désinfection des locaux et matériels, la communication, l’information, la formation et le principe 1 classe = 1 salle. Les difficultés de mise en pratique, déjà grandes pour l’élémentaire, semblent souvent insurmontables pour les écoles maternelles.

Par ailleurs la continuité pédagogique assurée dans l’improvisation par les collègues, qui au passage ont montré leur valeur professionnelle et leur engagement, tombe de facto à l’eau : en effet les groupes classe vont se retrouver éclatés avec des collègues qui auront bien du mal à exercer leur mission en présentiel auprès de certains élèves tout en essayant d’assurer le suivi pédagogique des autres élèves à distance. La continuité pédagogique et le suivi des élèves vont ainsi devenir en conséquence beaucoup plus compliqués du fait de cette réouverture « à la carte ». Souvent, la mise en place aura demandé un intense travail et, alors que les choses tournent maintenant mieux, tout risque d’être abandonné. L’argument pédagogique est sacrifié à l’argument économique, à moins qu’il ne s’agisse d’une improvisation hasardeuse et de décisions prises au doigt mouillé !

L’inquiétude des collègues est immense. Les personnes fragiles ou « à risque » sont invitées à rester en télétravail. Pour toutes ces raisons, Action & Démocratie demande que le retour des collègues dans les écoles se fasse sur la base de la confiance et du volontariat et que, comme cela se pratique déjà dans certaines académies, un simple courrier de demande à rester en télétravail puisse permettre aux collègues de poursuivre leur mission de cette façon. Alors que les équipes s’organisent pour assurer cette rentrée nous rappelons à tous les recteurs, que le Premier ministre avait laissé au directeur d’école ainsi qu’au maire la possibilité de ne pas rouvrir une école s’ils jugeaient que les conditions ne le permettaient pas. Action et Démocratie sera en soutien afin que chacun puisse exercer son jugement et appliquer le principe de précaution sans être menacé, notamment par les échelons locaux de la hiérarchie. L’organisation du service d’accueil élargi ou de la réouverture proprement dite doit se faire au cas par cas en fonction des réalités locales. En cas de difficultés évidentes nous étudions en ce moment l’utilisation par le syndicat lui-même du droit d’alerte à l’échelle nationale, condition préalable à l’exercice du droit retrait à l’échelle locale dans les cas où les mesures sanitaires seraient défaillantes. Plus que jamais, Action & Démocratie est donc à vos côtés pour vous fournir le soutien que vous attendez légitimement d’un syndicat qui sert à autre chose qu’à brandir des menaces sans lendemain ou des préavis de grève sans suite.

Action et Démocratie – Professeurs des écoles

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