AD/CFE-CGC, pour défendre l'école et tous ceux qui la font vivre

Fin du régime dérogatoire des directeurs d’école parisiens : quand l’équité a bon dos !

AD /PE/ ACTUS /13 mars 2025

Sous la pression de la Cour des comptes, le ministère de l’éducation nationale vient de décider de mettre fin au régime particulier des directeurs d’école parisiens. En effet, depuis 1982, les directeurs de la ville/académie de Paris exerçant dans des écoles de plus de 5 classes (soit la quasi-totalité des écoles de la capitale) disposaient d’une décharge complète, la ville de Paris remboursant à l’État les rémunérations versées aux enseignants remplaçant les directeurs dans leurs classes.  

Mais depuis 2017, pour des raisons financières, la Ville de Paris a progressivement réduit sa participation au dispositif, jusqu’à décider en 2019 de ne plus y contribuer du tout, en assurant cependant espérer le maintien de celui-ci aux frais de l’État.

A l’automne dernier, la Cour des comptes a donc estimé que le dispositif, en plus de coûter cher à l’État, constituait une rupture d’équité vis-à-vis de toutes les autres communes qui, elles, n’en bénéficient pas, à commencer par celles – généralement plus défavorisées – situées de l’autre côté du périphérique.

Cette décision aura pour conséquence immédiate la suppression de 52 postes, ce dont le ministère ne peut que se réjouir, à l’heure où le recrutement d’enseignants s’avère de plus en plus difficile. Et tant pis pour les écoles concernées dont le fonctionnement va se trouver évidemment très impacté

Le souci d’équité entre fonctionnaires, où qu’ils exercent sur le territoire, justifie-t-il la suppression de ce régime dérogatoire? Bien sûr que non. Compte tenu de la charge colossale de travail demandée aux directeurs, il était aisé de constater que seuls les directeurs parisiens étaient en mesure de répondre (et encore) à un tel cahier des charges, preuve que leur « privilège » était tout sauf un luxe.

Pour rappel, lors des débats sur la loi Rilhac (2022-2023), Action & Démocratie ne s’est pas contenté d’exiger une augmentation du temps de décharge des directeurs, mais aussi un allègement radical de leurs tâches administratives car celles-ci n’ont fait qu’augmenter de façon exponentielle depuis 20 ans. Un audit sur la lourdeur administrative, effectué auprès des directeurs d’école, permettrait à coup sûr d’envisager la suppression d’une foule de tâches inutiles. Nous n’avons malheureusement pas été entendus sur ce point. Loin de simplifier le rôle du directeur d’école, la loi Rilhac a complexifié celui-ci, l’alourdissant de responsabilités supplémentaires, sans moyens adéquats. 

Action & Démocratie entend la nécessité pour l’État de surveiller ses dépenses mais juge inadmissible que ce soit aux dépens du fonctionnement de nos services publics et des conditions de travail de ses agents. Les révélations récentes de la presse devraient plutôt inciter le gouvernement à se pencher sur certains organismes consultatifs à l’utilité très discutable et au train de vie indécent de ses membres.

Plutôt que le nivellement par le bas, Action & Démocratie réclame pour nos directeurs d’école des conditions de travail dignes sur tout le territoire et des moyens suffisants pour exercer convenablement leurs missions, notamment des taux de décharges bien supérieurs à la situation actuelle :

Proposition AD taux de décharge de service en fonction du nombre de classes

Mobilisons-nous pour une direction d’école efficace et humaine !
Agissons pour des conditions de travail dignes !

Actus

21,7 élèves en moyenne… ou l’art de faire disparaître la réalité

Vous croyez avoir 35 élèves devant vous ?
Erreur : selon la DEPP, ils ne sont que 21,7. Si vous n’arrivez plus à circuler entre les tables, c’est sûrement parce que vous n’êtes pas dans « la moyenne »… Rétablissons la réalité face aux illusions statistiques : dites-nous combien d’élèves vous avez réellement. Nos chiffres contre leurs moyennes.

Lire la suite »

10% en moins en cas d’arrêt maladie : AD/CFE-CGC se mobilise

Inscrite dans la loi de finance 2025, la baisse de 10% du traitement pendant les trois premiers mois de congé maladie ordinaire aura inévitablement pour effet, compte tenu de la faiblesse des traitements, de pousser les agents à effectuer leur service tout en étant malades et de ce fait contagieux pour leurs collègues aussi bien que leurs élèves : d’un simple point de vue sanitaire et organisationnel, une telle mesure est contre-productive autant pour le salarié que pour les élèves et l’institution. AD/CFE-CGC saisit le Conseil d’État pour la faire annuler.

Lire la suite »

Cadre d’usage de l’IA en éducation

Face à l’introduction précipitée de l’intelligence artificielle dans l’éducation, Action & Démocratie exprime une position de vigilance critique : le syndicat dénonce un cadre flou, des finalités mal définies et les risques d’une dérive techniciste qui menace la mission émancipatrice de l’École.

Lire la suite »

Rentrée 2025 : contre la lassitude, l’engagement

Après une année 2024-2025 éprouvante, l’année 2025-2026 s’ouvre dans un climat de lassitude confirmé par les enquêtes de la DEPP et les témoignages des personnels. Manque de moyens, réformes incessantes, absence de reconnaissance : le malaise est profond. Face à cette situation, Action & Démocratie choisit l’avenir : faire le pari de l’intelligence, redonner confiance dans le syndicalisme et agir pour restaurer le sens et la dignité de nos métiers.

Lire la suite »

Violence scolaire : des constats alarmants qui exigent des réponses à la hauteur

Les chiffres du rapport annuel de performances 2024 le confirment : la violence dans les établissements scolaires progresse, en particulier au collège et dans les lycées professionnels. Les actes graves de violence augmentent dans tous les niveaux d’enseignement, avec un taux particulièrement élevé dans les lycées professionnels (22,6 pour 1 000 élèves). Action & Démocratie appelle à prendre des mesures concrètes, durables et adaptées pour garantir enfin la sécurité des élèves et des personnels.

Lire la suite »

Enseignement de l’EVARS : chronique d’un fiasco annoncé ?

Censée entrer en vigueur dès la rentrée 2025 à tous les niveaux scolaires, de la maternelle à la terminale, l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS) se déploie pourtant sans aucun moyen spécifique : ni heure dédiée dans les emplois du temps des élèves, ni formation sérieuse et rémunération des personnels sollicités. La mise en œuvre de l’EVARS reposera donc une fois de plus sur la seule bonne volonté d’enseignants déjà surchargés. Action & Démocratie dénonce la désinvolture ministérielle et alerte sur les risques d’un dispositif vidé de sens si les moyens nécessaires ne sont pas rapidement mobilisés.

Lire la suite »

Carrière des enseignants : des évolutions reportées à… 2026 ?

À partir de septembre 2026, le déroulement de carrière des enseignants connaîtra des ajustements notables : réduction de la durée de certains échelons, relèvement progressif des taux de promotion à la Hors Classe, et réorganisation des rendez-vous de carrière. Ces mesures visent une progression plus rapide pour tous, sans exclure les bénéficiaires des anciens rythmes accélérés. Si ces changements sont globalement positifs, Action & Démocratie alerte sur plusieurs écueils persistants : reclassements sans report d’ancienneté, évaluation figée ne tenant pas compte de l’évolution professionnelle, et rendez-vous de carrière inutile en fin de parcours. Nous réclamons la suppression de ce dernier, la création d’un nouvel échelon sommital à la Hors Classe, ainsi qu’une revalorisation significative des fins de carrière.

Lire la suite »

Vagues de chaleur et conditions de travail

Travailler en surchauffe ? C’est fini, du moins sur le papier. À partir du 1er juillet 2025, l’administration ne pourra plus faire semblant d’ignorer les souffrances causées par les vagues de chaleur. Un décret impose enfin des obligations claires aux employeurs publics, Éducation nationale comprise. Horaires aménagés, eau en quantité suffisante, protection des agents vulnérables : ces mesures ne sont plus des options, ce sont des droits. Reste à les faire appliquer. Action & Démocratie appelle les personnels à ne rien laisser passer : l’exposition à la chaleur n’est pas une fatalité, c’est une négligence qu’on peut désormais contester.

Lire la suite »