AD/CFE-CGC, pour défendre l'école et tous ceux qui la font vivre

Fouilles de sacs « aléatoires » à l’entrée des établissements scolaires à partir du printemps

AD / ACTUS /12 mars 2025

La ministre a fait part sur BFMTV le 21 février dernier de son intention d’organiser à partir du printemps des fouilles de sacs à l’entrée des établissements, cette annonce ayant été faite sans la moindre concertation ni consultation préalable des organisations syndicales, comme souvent. Cette annonce intervient après plusieurs agressions au sein ou aux abords d’établissements depuis le début de l’année – dont l’agression au couteau d’un élève dans l’enceinte de son établissement à Bagneux (académie de Versailles) – et dans le contexte d’un « usage beaucoup plus répandu des armes blanches » chez les jeunes selon les mots d’Élisabeth BORNE, qui fait part aussi dans ce même entretien de son intention de modifier le code de l’éducation pour que, si un port d’arme blanche est constaté dans un établissement scolaire, l’élève mis en cause « passe systématiquement devant un conseil de discipline» alors que jusqu’à présent « c’était à l’appréciation du chef d’établissement », la ministre ajoutant que cela fera également systématiquement l’objet d’un signalement au procureur.

Concernant les fouilles, qui ne font pas partie des prérogatives des personnels de l’Éducation nationale – ce que la ministre a tout de même reconnu –, elles seront effectuées par « les forces de l’ordre » et organisées entre le préfet, le procureur et le représentant de l’Éducation nationale concerné (DASEN) afin d’identifier les établissements où ces contrôles « aléatoires et inopinés », mais cependant effectués de manière régulière, pourraient avoir lieu. A noter que sur ce même sujet, le Sénat avait amendé dès le 19 février la proposition de loi visant à protéger l’école de la République et les personnels qui y travaillent pour permettre ces contrôles de sacs par les personnels de l’Éducation nationale.

Pour Action & Démocratie, le sujet de la sécurité, aussi bien aux abords qu’au sein des établissements, est un vrai sujet qui ne saurait être traité par des mesurettes ou des annonces sur les plateaux de télévision à la suite de tel ou tel fait divers ! C’est au contraire une problématique générale et subie quotidiennement par de nombreux personnels qu’il faut traiter avec un minimum de sérieux. Si, d’après la DEPP, près de 80% des écoles ne déclarent aucun incident grave, ils ne sont que 33% parmi les chefs d’établissement du second degré à faire de même : autrement dit, la violence et l’insécurité, contrairement à ce que l’on voudrait faire croire, n’est pas un phénomène circonscrit à quelques établissements qu’il faudrait identifier et aux abords desquels il suffirait de procéder à des fouilles inopinées pour régler le problème. Nos collègues policiers ont déjà fait savoir par ailleurs qu’ils n’étaient pas en mesure de pouvoir assumer une telle mission dans l’état actuel de leur charge de travail déjà excessive. On ne voit donc pas ce que cette annonce sans moyens supplémentaires va changer ni améliorer. Il va bien falloir un jour accepter de poser la question d’un personnel dédié à la sécurité dans tous les établissements et pas seulement dans ceux qui sont réputés être les plus exposés aux phénomènes de violence extrême, comme ce fut le cas à la rentrée 2012 avec le recrutement de quelques assistants chargés de prévention et de sécurité (APS).

C’est pour mesurer d’abord et de façon objective et sincère l’étendue du problème et le niveau des besoins qu’AD/CFE-CGC s’adresse dès maintenant aux députés et sénateurs afin d’obtenir la création d’une mission d’enquête ou d’information parlementaire : il est temps que le pouvoir législatif joue pleinement son rôle de contrôle de l’exécutif et que non seulement il obtienne communication de toutes les données sur ce sujet (à notre connaissance, le nombre annuel de faits établissement serait d’environ 3 millions, ce qu’aucune étude de la DEPP ne laisse deviner bien entendu !) mais qu’il procède aux auditions des premiers concernés, ceux qui sont au front et que nous représentons. Sur ce sujet comme sur bien d’autres, AD/CFE-CGC n’a pas l’intention de pratiquer la langue de bois.

Actus

Baisse de l’indemnisation des arrêts maladie : Action & Démocratie poursuit son recours contre les décrets de février 2025

Le 28 juillet, le Conseil d’État a refusé de transmettre notre QPC sur la baisse de 10 % de l’indemnisation des arrêts maladie. Action & Démocratie poursuit son combat contre une réforme injuste qui rompt l’égalité, fragilise la santé des agents et pénalise les femmes enceintes. Notre recours au fond pour défendre les personnels de l’Éducation nationale, qui sont parmi les moins absents et les plus exposés aux maladies, est toujours en cours.

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Vous avez dit CPS ?

Sans le moindre débat préalable, le ministère a décidé d’intégrer les « compétences psychosociales » dans tous les programmes scolaires, renforçant encore le rôle de l’école comme acteur de santé publique et de prévention. Mais est-ce là sa fonction ? Et sont-ce là nos missions en tant qu’enseignants ? AD conteste cette évolution et demande à être auditionné par le conseil supérieur des programmes.

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Carrière des enseignants : des évolutions reportées à… 2026 ?

À partir de septembre 2026, le déroulement de carrière des enseignants connaîtra des ajustements notables : réduction de la durée de certains échelons, relèvement progressif des taux de promotion à la Hors Classe, et réorganisation des rendez-vous de carrière. Ces mesures visent une progression plus rapide pour tous, sans exclure les bénéficiaires des anciens rythmes accélérés. Si ces changements sont globalement positifs, Action & Démocratie alerte sur plusieurs écueils persistants : reclassements sans report d’ancienneté, évaluation figée ne tenant pas compte de l’évolution professionnelle, et rendez-vous de carrière inutile en fin de parcours. Nous réclamons la suppression de ce dernier, la création d’un nouvel échelon sommital à la Hors Classe, ainsi qu’une revalorisation significative des fins de carrière.

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L’intelligence artificielle progresse dans l’Éducation nationale

Analyse Action & Démocratie demande le respect dans tous les domaines, donc aussi dans celui de l’éducation, de la loi adoptée par l’Union européenne sur l’intelligence artificielle. La protection des données et de la vie privée doit par conséquent être assurée, tout comme le droit à l’information sur l’utilisation des outils algorithmiques et sur leurs critères

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Je suis Paty

L’Éducation nationale est une cible d’autant plus vulnérable qu’elle est en proie à une autodestruction mise en œuvre par ses services de contrôle disciplinaire des professeurs. Mickaëlle Paty a doublement raison dans son diagnostic des défaillances actuelles de l’école républicaine. Elle prête en général le flanc à l’entrisme idéologique en faisant bon accueil aux plaintes victimaires de minorités agissantes : c’est dorénavant le ressenti des élèves et parents d’élèves qui sert de pierre de touche pour juger la manière de servir d’un enseignant, et non plus la norme républicaine de la formation de l’esprit critique

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Usage de l’IA dans l’éducation : la menace fantôme

Le projet de « cadre d’usage de l’intelligence artificielle en éducation » présenté par le ministère élude les enjeux fondamentaux liés à la formation de l’esprit et à la mission même de l’école. AD/CFE-CGC dénonce l’absence de réflexion éthique, le manque de précautions face aux risques pédagogiques et la banalisation d’outils susceptibles d’atrophier l’intelligence naturelle que l’école a pour mission de former. AD/CFE-CGC refuse donc de cautionner un cadre d’usage qui ne cadre rien et en appelle à une réflexion de fond à la hauteur des enjeux humains, pédagogiques et éthiques que soulève cette transformation.

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21,7 élèves en moyenne… ou l’art de faire disparaître la réalité

Vous croyez avoir 35 élèves devant vous ?
Erreur : selon la DEPP, ils ne sont que 21,7. Si vous n’arrivez plus à circuler entre les tables, c’est sûrement parce que vous n’êtes pas dans « la moyenne »… Rétablissons la réalité face aux illusions statistiques : dites-nous combien d’élèves vous avez réellement. Nos chiffres contre leurs moyennes.

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Vagues de chaleur et conditions de travail

Travailler en surchauffe ? C’est fini, du moins sur le papier. À partir du 1er juillet 2025, l’administration ne pourra plus faire semblant d’ignorer les souffrances causées par les vagues de chaleur. Un décret impose enfin des obligations claires aux employeurs publics, Éducation nationale comprise. Horaires aménagés, eau en quantité suffisante, protection des agents vulnérables : ces mesures ne sont plus des options, ce sont des droits. Reste à les faire appliquer. Action & Démocratie appelle les personnels à ne rien laisser passer : l’exposition à la chaleur n’est pas une fatalité, c’est une négligence qu’on peut désormais contester.

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