AD/CFE-CGC, pour défendre l'école et tous ceux qui la font vivre

Affectation des enseignants titulaires de zone de remplacement : de nouveaux recours possibles

AD / ACTUS /septembre 2025

Une récente décision du Conseil d’État du 5 mars 2024 vient renforcer les garanties offertes aux enseignants titulaires de zone de remplacement (TZR) dans leurs démarches de mutation. Elle clarifie surtout les cas dans lesquels un refus d’affectation peut faire l’objet d’un recours contentieux.

Une affaire révélatrice

L’affaire concernait une professeure d’EPS en Guadeloupe, affectée sur un poste de TZR et rattachée administrativement à un lycée hôtelier. Dans le cadre du mouvement 2020-2021, elle avait sollicité son affectation sur un poste de titulaire vacant dans ce même lycée. La rectrice ayant refusé, l’enseignante a saisi le tribunal administratif, puis la cour administrative d’appel, sans succès. Ces juridictions avaient estimé que les affectations décidées par le rectorat dans le cadre du service des TZR relevaient de simples « mesures d’ordre intérieur », donc insusceptibles de recours.

Ce que dit le Conseil d’État

Saisi en cassation, le Conseil d’État distingue désormais clairement deux situations :

  • Les changements d’affectation au sein de la zone de remplacement, qui restent des mesures d’ordre intérieur : le TZR ne peut les contester, car elles relèvent du fonctionnement normal du service et de l’autorité hiérarchique.
  • Les demandes de mutation sur un poste de titulaire vacant, même dans un établissement situé dans la zone du TZR : lorsqu’un enseignant sollicite de quitter ses fonctions de remplaçant pour occuper un poste fixe, le refus de l’administration constitue une décision faisant grief, donc susceptible de recours devant la juridiction administrative.

Le Conseil d’État a donc annulé la décision de la cour administrative d’appel et renvoyé l’affaire pour qu’elle examine la légalité du refus opposé à l’enseignante.

Une garantie accrue pour les personnels

Cette décision marque une avancée dans la protection des droits des enseignants. En reconnaissant le droit de recours contre un refus de mutation sur poste fixe, même au sein de la zone de remplacement, la Haute juridiction redonne une voie de contestation à des personnels souvent confrontés à une mobilité contrainte.

Elle s’inscrit dans un contexte où les garanties statutaires des fonctionnaires ont été fragilisées depuis la loi du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique, qui a supprimé la consultation préalable des commissions administratives paritaires en matière de mutation.

Le Conseil d’État rappelle ainsi que, malgré cette évolution, l’administration doit continuer de respecter les critères de priorisation prévus par le Code général de la fonction publique (rapprochement de conjoint, situation de handicap, etc.), et que les décisions de refus doivent pouvoir être examinées par le juge lorsqu’elles affectent les droits des agents.

En résumé

Les affectations ponctuelles décidées par le rectorat pour un TZR restent non contestables. En revanche, le refus d’une mutation demandée sur un poste de titulaire constitue désormais une décision susceptible de recours. Cette jurisprudence renforce les garanties individuelles des enseignants face à des décisions administratives parfois arbitraires.

 

Actus

Je suis Paty

L’Éducation nationale est une cible d’autant plus vulnérable qu’elle est en proie à une autodestruction mise en œuvre par ses services de contrôle disciplinaire des professeurs. Mickaëlle Paty a doublement raison dans son diagnostic des défaillances actuelles de l’école républicaine. Elle prête en général le flanc à l’entrisme idéologique en faisant bon accueil aux plaintes victimaires de minorités agissantes : c’est dorénavant le ressenti des élèves et parents d’élèves qui sert de pierre de touche pour juger la manière de servir d’un enseignant, et non plus la norme républicaine de la formation de l’esprit critique

Lire la suite »

Calendrier de révision de la carte de l’éducation prioritaire

Les travaux de révision de la carte de l’éducation prioritaire ont été engagés. A la rentrée 2026, au plus tôt, certains établissements sont susceptibles de sortir du réseau d’éducation prioritaire ou d’y entrer, ce qui peut influer sur les demandes de mutation en novembre 2025. AD attire l’attention du ministère sur le maintien de l’avantage spécifique d’ancienneté dans tous les cas.

Lire la suite »

Cadre d’usage de l’IA en éducation

Face à l’introduction précipitée de l’intelligence artificielle dans l’éducation, Action & Démocratie exprime une position de vigilance critique : le syndicat dénonce un cadre flou, des finalités mal définies et les risques d’une dérive techniciste qui menace la mission émancipatrice de l’École.

Lire la suite »

Réforme du CAPES : vers un BTS enseignement ?

Alors que le niveau des élèves baisse et que le métier d’enseignant perd en attractivité, le gouvernement s’engage dans une réforme du recrutement qui sacrifie la formation scientifique aux postures idéologiques. Fini les professeurs spécialistes, place aux techniciens de l’inclusivité formés à la va-vite pour répéter les dogmes du moment, comme s’il fallait savoir moins pour enseigner mieux. A ce rythme, pourquoi pas un simple BTS pour devenir professeur ? Action & Démocratie dénonce cette dénaturation du métier masquée sous les habits trompeurs de la « professionnalisation ».

Lire la suite »

21,7 élèves en moyenne… ou l’art de faire disparaître la réalité

Vous croyez avoir 35 élèves devant vous ?
Erreur : selon la DEPP, ils ne sont que 21,7. Si vous n’arrivez plus à circuler entre les tables, c’est sûrement parce que vous n’êtes pas dans « la moyenne »… Rétablissons la réalité face aux illusions statistiques : dites-nous combien d’élèves vous avez réellement. Nos chiffres contre leurs moyennes.

Lire la suite »

Vagues de chaleur et conditions de travail

Travailler en surchauffe ? C’est fini, du moins sur le papier. À partir du 1er juillet 2025, l’administration ne pourra plus faire semblant d’ignorer les souffrances causées par les vagues de chaleur. Un décret impose enfin des obligations claires aux employeurs publics, Éducation nationale comprise. Horaires aménagés, eau en quantité suffisante, protection des agents vulnérables : ces mesures ne sont plus des options, ce sont des droits. Reste à les faire appliquer. Action & Démocratie appelle les personnels à ne rien laisser passer : l’exposition à la chaleur n’est pas une fatalité, c’est une négligence qu’on peut désormais contester.

Lire la suite »

Diffamations et accusations mensongères : la première cause de souffrance des personnels

Être accusé à tort : une épreuve qu’aucun professionnel de l’éducation ne devrait subir ni affronter sans soutien. Le dernier baromètre de l’ASL révèle une explosion des diffamations et accusations mensongères, désormais première cause de souffrance dans les établissements.
Action & Démocratie lance un appel à témoignages pour que la parole des personnels soit enfin entendue et que la protection fonctionnelle devienne une réalité pour tous.

Lire la suite »

Carrière des enseignants : des évolutions reportées à… 2026 ?

À partir de septembre 2026, le déroulement de carrière des enseignants connaîtra des ajustements notables : réduction de la durée de certains échelons, relèvement progressif des taux de promotion à la Hors Classe, et réorganisation des rendez-vous de carrière. Ces mesures visent une progression plus rapide pour tous, sans exclure les bénéficiaires des anciens rythmes accélérés. Si ces changements sont globalement positifs, Action & Démocratie alerte sur plusieurs écueils persistants : reclassements sans report d’ancienneté, évaluation figée ne tenant pas compte de l’évolution professionnelle, et rendez-vous de carrière inutile en fin de parcours. Nous réclamons la suppression de ce dernier, la création d’un nouvel échelon sommital à la Hors Classe, ainsi qu’une revalorisation significative des fins de carrière.

Lire la suite »