AD/CFE-CGC, un syndicat qui fait le pari de l'intelligence pour reconstruire l'école et défendre tous ceux qui la font vivre.

Le syndicalisme du mésolithique ? Très peu pour nous.

Répéter les mêmes slogans et multiplier les journées de grève auxquelles presque plus personne ne participe en espérant malgré tout obtenir un résultat différent relève de la pensée magique. Une autre conception du syndicalisme est possible et c’est celle que nous incarnons : celle d’un syndicalisme libre, exigeant et indépendant, qui défend les personnels autant que le sens de leur métier, préfère l’action aux rituels et la réflexion aux slogans. Après trente ans d’errances éducatives, il est temps de tourner la page du syndicalisme du mésolithique et de reconstruire l’École.

Lettre d'information n°110 / 22 septembre 2026

À l’Éducation nationale règne encore une curieuse conception du syndicalisme selon laquelle il suffirait, pour défendre les personnels, de répéter depuis des décennies les mêmes slogans, de déposer rituellement les mêmes préavis de grève et d’aligner des revendications dont ceux qui les portent savent parfois eux-mêmes qu’elles n’aboutiront pas.

Les résultats sont pourtant là : près de six personnels sur dix ne participent plus aux élections professionnelles et nombre de journées de grève ne rassemblent plus que quelques pourcents des agents. Reproduire indéfiniment la même expérience dans les mêmes conditions en espérant qu’elle finisse par donner un résultat différent relève moins de la démarche expérimentale que de la pensée magique.

Action & Démocratie est né aussi du refus de ce syndicalisme-là.

Non parce que nous aurions renoncé à revendiquer, à protester ou à nous opposer. Nous le faisons lorsque c’est nécessaire, et sans beaucoup de précautions oratoires lorsqu’il faut dire les choses. Mais protester ne dispense ni de réfléchir, ni d’argumenter, ni de proposer. Et une grève ne doit pas être un rite syndical : c’est un moyen d’action dont la pertinence devrait se mesurer, comme celle de tout moyen, à ses chances d’être utile.

Surtout, nous ne séparons pas la défense des personnels de celle du sens de leur métier, car l’un ne va pas sans l’autre.

On ne défend pas sérieusement un professeur en revendiquant une augmentation de salaire tout en accompagnant la dévalorisation de ce qu’il enseigne. On ne défend pas davantage un personnel de direction en dénonçant sa charge de travail tout en réclamant sans cesse de nouvelles missions pour l’École. On ne défend pas non plus les personnels administratifs en déplorant leur épuisement tout en acceptant l’inflation bureaucratique qui le nourrit. Et l’on ne défend pas les AESH en faisant semblant de croire qu’il suffira d’en recruter toujours plus sans remettre à plat une école inclusive qui place trop souvent les élèves comme les personnels dans des situations impossibles.

Défendre les personnels, c’est d’abord défendre leur métier.

C’est pourquoi Action & Démocratie parle des salaires, des carrières, de la protection des personnels et de leurs conditions de travail, mais aussi du niveau des élèves, de l’autorité, des programmes, des diplômes, du redoublement, de l’école inclusive, du numérique ou de l’intelligence artificielle.

Nous pensons que l’École est faite d’abord pour instruire. Là encore, l’affirmation pourrait sembler banale. Elle ne l’est manifestement plus lorsqu’on voit les horaires disciplinaires se réduire tandis que s’accumulent les dispositifs de remédiation, tous plus inefficaces et coûteux les uns que les autres, ainsi que les « éducations à » et toutes ces « heures de rien » dont certains raffolent et réclament toujours davantage.

Au Conseil supérieur de l’éducation, cette différence se voit clairement. Quand les représentants d’un syndicat majoritaire demandent de retirer le point-virgule des programmes ou considèrent que demander à un élève d’employer une expression « à bon escient » pourrait constituer une forme de violence, nous faisons un autre choix : celui de l’exigence et de l’intelligence. Car c’est commettre un grave contresens sur la relation pédagogique que d’imaginer que c’est en se dispensant de mettre l’élève à la hauteur des exigences qu’on parviendra à mettre ces exigences à la portée de l’élève.

Nous sommes totalement libres des dogmes pédagogiques qui sont défendus par certains et qui ont mené l’institution à cet état de crise que tout le monde désormais observe. Il est temps de tourner la page et de reconstruire.

Et de dire basta à la police idéologique dans les salles des professeurs.

Car le syndicalisme du mésolithique a aussi ses inquisiteurs. Ceux-là traquent les mots suspects, instruisent des procès en sorcellerie, dressent des listes, distribuent les brevets de respectabilité et décident qui a encore le droit de parler à qui. Dans certaines salles des professeurs, ce climat est devenu suffisamment pesant pour que des collègues n’osent même plus exprimer une opinion, signer un texte ou simplement discuter avec celui que le tribunal local a décidé de mettre au ban.

C’est le petit théâtre antifasciste des colonels de la pensée : celui où quelques-uns s’attribuent les rôles, désignent les coupables et distribuent les certificats de bonne conduite. Nous refusons d’y jouer. Un syndicat n’est ni un parti politique ni une police de la pensée. Les personnels sont des citoyens libres, avec des convictions diverses, et notre rôle n’est pas de les trier selon leurs opinions, d’adouber les uns et de bannir les autres.

Notre rôle est de les défendre.

Partout. Dans les services comme dans les instances où nous n’allons pas pour occuper un siège ni réciter sans ferveur une déclaration que personne n’écoute avant de recommencer à la séance suivante. Du reste, les déclarations d’Action & Démocratie sont très écoutées par l’administration et, quand il est présent, le ministre. Car nous refusons la langue de bois comme les postures idéologiques. Notre ambition est autrement plus sérieuse : en finir avec plus de trente ans de politiques éducatives erratiques et absurdes dont chacun peut aujourd’hui constater les résultats.

C’est cela, au fond, qui nous distingue le plus : nous refusons de considérer l’impuissance comme une preuve de pureté syndicale. Nous préférons agir et avancer. Et nous faisons le pari qu’il existe encore, dans l’Éducation nationale, une majorité de personnels qui préfèrent un syndicat qui réfléchit, argumente et propose à un syndicat qui leur demande régulièrement de perdre une journée de salaire inutilement pour recommencer exactement la même chose quelques semaines plus tard.

Pensée magique dans l’action, police idéologique dans les salles des professeurs : il est temps d’en finir avec ce syndicalisme-là.

En décembre, vous pourrez contribuer à changer les choses en votant. Mais pour pouvoir voter autrement, encore faut-il que des listes différentes puissent être présentées.

Action & Démocratie/CFE-CGC a déjà réuni plusieurs centaines de candidats dans toute la France. Dans certaines académies et pour certains corps, il ne manque pourtant plus que quelques noms pour compléter une liste. Parfois, une seule candidature supplémentaire peut permettre à plusieurs milliers de personnels de disposer en décembre d’un choix qu’ils n’auraient pas autrement.

Si vous vous reconnaissez dans ce que vous venez de lire, vous pouvez donc dès aujourd’hui rendre ce choix possible en rejoignant l’une de nos listes.

Être candidat ne signifie pas devenir militant, prendre des responsabilités syndicales ni consacrer du temps à une activité syndicale. Cela peut simplement signifier accepter que son nom figure sur une liste pour permettre à celle-ci d’être déposée et donner ainsi à ses collègues la possibilité de voter pour elle.

Alors ne restons plus la majorité silencieuse.

En décembre, faisons entendre notre voix.
Et dès aujourd’hui, permettons-lui d’être présente sur les bulletins de vote.

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