AD/CFE-CGC, pour reconstruire l'école et défendre tous ceux qui la font vivre

Rentrée 2025 : contre la lassitude, l’engagement

AD / ACTUS /30 août 2025

Une rentrée sous le signe de la lassitude

L’année scolaire 2024-2025 s’est terminée dans des conditions éprouvantes marquées par une augmentation des faits de violence et une vague de chaleur qui a lourdement perturbé la période des examens. À l’heure de la reprise et en dépit de températures plus clémentes, le climat est celui d’une morosité généralisée et d’une résignation croissante confirmées par les derniers chiffres officiels autant que par la parole si précieuse des personnels qui sont sur le terrain.

Ce que disent les chiffres : une dégradation nette des conditions de travail

La note d’information publiée en juillet 2025 par la DEPP dresse un constat préoccupant : si 93 % des personnels disent se sentir respectés par les élèves et 92 % en sécurité dans leur établissement, les signaux d’alerte s’accumulent. Ainsi, seuls 40 % estiment pouvoir exercer le même métier jusqu’à la retraite, et moins d’un quart (22 %) jugent être rémunérés à leur juste valeur !

La perception des conditions de travail s’est encore dégradée depuis 2019 : recul du sentiment de faire partie d’une équipe (-13 points), d’avoir des moyens matériels suffisants (-6 points) ou de disposer d’informations claires pour exercer son métier (-15 points). Plus d’un personnel sur deux (57 %) déclare avoir subi au moins une atteinte au cours de l’année scolaire – arrogance, contestation d’autorité, insultes, voire violences physiques.

Au-delà de ces chiffres, c’est un constat de lassitude généralisée qui ressort : « les personnels du second degré sont 72 % à penser que leur métier est utile aux autres, mais seuls 45 % estiment disposer de moyens adaptés ». Ce constat peut être fait aussi auprès des autres personnels, qui ne se privent pas de nous le faire savoir.

Ce que disent les personnels : la lassitude, la résignation, le sentiment de mépris

Les données réunies par la DEPP trouvent un écho éloquent dans les témoignages édifiants recueillis par Le Monde à la veille de la rentrée. Avec l’autorisation du journal, nous en reproduisons ici quelques-uns :

Mathilde, enseignante d’histoire-géographie depuis vingt-trois ans, confie : « Désormais, mon angoisse tient à la certitude que mon année ne se déroulera pas sans le sentiment récurrent d’être accablée… par la charge de travail, par l’instabilité permanente des réformes, par l’absence de confiance en un avenir serein pour l’éducation nationale. »

Marie, professeure d’anglais en Seine-et-Marne, aime son métier mais ne le recommanderait plus à un jeune diplômé : « Avec mon niveau d’études, je me tournerais vers quelque chose de plus confortable et de mieux rémunéré. Maintenant, les locaux sont trop petits, il y a plusieurs postes non pourvus à chaque rentrée, pas d’assistante sociale, pas de psychologue… »

D’autres décrivent une succession de réformes imposées sans préparation ni formation, vécues comme une véritable insécurité professionnelle. Natacha, professeure de français, résume son désarroi : « Chaque année, je me dis que ça va être moins dur… mais je ne fais que tout recommencer dans un environnement sans cesse mouvant. »

Enfin, beaucoup expriment un sentiment profond de mépris institutionnel. Nathalie, directrice d’école, raconte : « Pour connaître les nouveaux programmes, il faut lire plus de 2 000 pages de documents… On nous avait promis des manuels financés par l’État, ils ne sont pas venus. C’est une nouvelle marque du mépris de l’institution, qui ne nous donne pas les outils pour travailler. »

Le courrier abondant que nous recevons confirme ce malaise professionnel dont les causes sont multiples et cependant bien identifiées : la surcharge de travail, l’instabilité suite aux réformes incessantes, l’absence de reconnaissance et, derrière des discours de façade, le mépris dont le ministère fait preuve envers ses agents dont il n’écoute ni les doléances ni les représentants patentés.

Action & Démocratie, votre voix pour l’avenir

Malgré ces constats qui sont maintenant connus de tous, l’année scolaire 2025-2026 s’ouvre encore une fois sans réponses concrètes ni décisions à la hauteur des enjeux, la soi-disant priorité accordée à l’éducation se bornant à donner à notre ministre le premier rang protocolaire, les actes se faisant toujours attendre. Toujours aucune mesure significative pour restaurer l’attractivité du « plus beau métier du monde ». Toujours aucune décision courageuse pour effacer trente ans d’errements dans la politique éducative du pays. Toujours aucune idée pour faire renaître l’enthousiasme qui est indispensable à la réussite. Une fois de plus, tout reposera uniquement sur les épaules et la bonne volonté de ceux qui font vivre l’école au quotidien.

Malgré ce contexte où la morosité le dispute à la résignation, Action & Démocratie veut croire en l’avenir. Nous sommes plus que jamais à vos côtés et de votre côté pour vous accompagner, vous soutenir et vous défendre. Nous sommes plus que jamais déterminés à revendiquer les mesures urgentes et réalistes permettant de redonner sens et dignité aux métiers de l’éducation. Si cet espoir et cet objectif sont aussi les vôtres, n’hésitez pas à nous rejoindre et vous engager dans un syndicat qui porte résolument la voix de la majorité silencieuse, la vôtre !

Actus

Violence scolaire : des constats alarmants qui exigent des réponses à la hauteur

Les chiffres du rapport annuel de performances 2024 le confirment : la violence dans les établissements scolaires progresse, en particulier au collège et dans les lycées professionnels. Les actes graves de violence augmentent dans tous les niveaux d’enseignement, avec un taux particulièrement élevé dans les lycées professionnels (22,6 pour 1 000 élèves). Action & Démocratie appelle à prendre des mesures concrètes, durables et adaptées pour garantir enfin la sécurité des élèves et des personnels.

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Cadre d’usage de l’IA en éducation

Face à l’introduction précipitée de l’intelligence artificielle dans l’éducation, Action & Démocratie exprime une position de vigilance critique : le syndicat dénonce un cadre flou, des finalités mal définies et les risques d’une dérive techniciste qui menace la mission émancipatrice de l’École.

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Usage de l’IA dans l’éducation : la menace fantôme

Le projet de « cadre d’usage de l’intelligence artificielle en éducation » présenté par le ministère élude les enjeux fondamentaux liés à la formation de l’esprit et à la mission même de l’école. AD/CFE-CGC dénonce l’absence de réflexion éthique, le manque de précautions face aux risques pédagogiques et la banalisation d’outils susceptibles d’atrophier l’intelligence naturelle que l’école a pour mission de former. AD/CFE-CGC refuse donc de cautionner un cadre d’usage qui ne cadre rien et en appelle à une réflexion de fond à la hauteur des enjeux humains, pédagogiques et éthiques que soulève cette transformation.

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Réforme du CAPES : vers un BTS enseignement ?

Alors que le niveau des élèves baisse et que le métier d’enseignant perd en attractivité, le gouvernement s’engage dans une réforme du recrutement qui sacrifie la formation scientifique aux postures idéologiques. Fini les professeurs spécialistes, place aux techniciens de l’inclusivité formés à la va-vite pour répéter les dogmes du moment, comme s’il fallait savoir moins pour enseigner mieux. A ce rythme, pourquoi pas un simple BTS pour devenir professeur ? Action & Démocratie dénonce cette dénaturation du métier masquée sous les habits trompeurs de la « professionnalisation ».

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10% en moins en cas d’arrêt maladie : AD/CFE-CGC se mobilise

Inscrite dans la loi de finance 2025, la baisse de 10% du traitement pendant les trois premiers mois de congé maladie ordinaire aura inévitablement pour effet, compte tenu de la faiblesse des traitements, de pousser les agents à effectuer leur service tout en étant malades et de ce fait contagieux pour leurs collègues aussi bien que leurs élèves : d’un simple point de vue sanitaire et organisationnel, une telle mesure est contre-productive autant pour le salarié que pour les élèves et l’institution. AD/CFE-CGC saisit le Conseil d’État pour la faire annuler.

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Vous avez dit CPS ?

Sans le moindre débat préalable, le ministère a décidé d’intégrer les « compétences psychosociales » dans tous les programmes scolaires, renforçant encore le rôle de l’école comme acteur de santé publique et de prévention. Mais est-ce là sa fonction ? Et sont-ce là nos missions en tant qu’enseignants ? AD conteste cette évolution et demande à être auditionné par le conseil supérieur des programmes.

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Je suis Paty

L’Éducation nationale est une cible d’autant plus vulnérable qu’elle est en proie à une autodestruction mise en œuvre par ses services de contrôle disciplinaire des professeurs. Mickaëlle Paty a doublement raison dans son diagnostic des défaillances actuelles de l’école républicaine. Elle prête en général le flanc à l’entrisme idéologique en faisant bon accueil aux plaintes victimaires de minorités agissantes : c’est dorénavant le ressenti des élèves et parents d’élèves qui sert de pierre de touche pour juger la manière de servir d’un enseignant, et non plus la norme républicaine de la formation de l’esprit critique

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Proposition de loi visant à protéger l’école de la République et les personnels qui y travaillent

Protection fonctionnelle accordée de plein droit, aggravation des peines pour faits de violence envers les personnels, inspection visuelle et fouille des effets personnels en cas de menace pour l’ordre et la sécurité : une proposition de loi qui ne fait qu’une partie du chemin pour protéger efficacement les personnels et qui néglige l’une des mesures indispensables que défend AD pour conforter leur autorité.

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