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Le congé de formation professionnelle
AD/info/mise à jour 30 décembre 2025
Tout personnel de l’Éducation nationale, titulaire ou contractuel, peut demander à bénéficier d’un congé de formation professionnelle, pour suivre une formation de son choix. Ce congé participe du droit à la formation professionnelle tout au long de la vie, reconnu aux agents et inscrit dans le code général de la fonction publique.
1.Conditions d’éligibilité
Les agents titulaires doivent remplir les conditions suivantes :
- Être en position d’activité ;
- Avoir accompli au moins l’équivalent de trois années à temps plein de services effectifs dans l’administration (en tant que stagiaire ou titulaire) ;
- Ne pas avoir bénéficié d’une autorisation d’absence pour participer à une action de formation de préparation aux concours et examens administratifs dans les douze mois qui précèdent l’entrée éventuelle en formation.
Les agents non titulaires doivent justifier de l’équivalent d’au moins trois années de services effectifs à temps plein au titre de contrat de droit public, dont douze mois au moins au sein de l’Éducation nationale.
2. Modalité d’attribution
Les demandes doivent être adressées au recteur d’académie, selon un calendrier qui est propre à chaque académie et qui est communiqué aux agents dans une circulaire rectorale. Elles sont généralement recueillies au mois de décembre ou de janvier.
La demande de congé de formation professionnelle doit porter sur une formation précise, dans un organisme de formation identifié, avec des dates précises.
Toutes les demandes ne sont cependant pas satisfaites, car chaque académie dispose d’un contingent limité, et il faut attendre plusieurs années pour obtenir un congé de formation. Chaque académie fixe un barème pour départager les candidatures, qui tient compte notamment de l’ancienneté de service et du nombre de demandes de congé de formation déposées auparavant.
Le temps d’attente est très variable selon les académies, selon le nombre de demandes formulées. Il faut généralement attendre au minimum trois ans pour obtenir un congé, mais cela peut aller jusqu’à huit ou neuf ans dans certaines académies (Paris, Aix-Marseille).
3. Durée du congé et rémunération
La durée totale des congés de formation ne peut excéder trois ans sur l’ensemble de la carrière. Ces congés peuvent être fractionnés en une seule ou plusieurs périodes, et distribués sur des actions de formation qui, en théorie, peuvent durer une journée ou une demi-journée. Dans les faits, étant donné le délai d’attente, les congés de formation sont généralement accordés pour des durées de six à dix mois, et peuvent faire l’objet d’une demande de prolongation.
Attention, seuls les douze premiers mois sont rémunérés.
Rémunération : 85 % du traitement brut et de l’indemnité de résidence afférents à l’indice atteint au moment de la mise en congé. Cependant l’indemnité ne peut pas excéder le traitement correspondant à l’indice brut 650 d’un agent en fonctions à Paris, augmenté de l’indemnité de résidence, soit 2778,62 € mensuels bruts.
4. Situation administrative
Le temps passé en congé de formation professionnelle est considéré comme du temps passé dans le service. L’agent est maintenu en position d’activité durant le congé, et le temps passé en congé de formation professionnelle est pris en compte pour l’ancienneté et pour l’avancement de grade ou pour l’accès à un corps hiérarchique supérieur. Il compte également pour la retraite et donne lieu aux retenues pour pension civile. L’agent peut également prétendre au congé de maladie ordinaire, au congé de longue maladie, au congé de longue durée, au congé pour accident de service, etc.
À l’issue de son congé, l’agent est réintégré sur son poste d’origine.
5. Obligations
L’agent bénéficiaire du congé de formation s’engage à rester au service de l’État à l’issue de sa formation, pendant une durée égale au triple de celle durant laquelle il aura perçu l’indemnité mensuelle de formation.
Il a une obligation d’assiduité. Il doit fournir une attestation d’inscription à la formation et des attestations mensuelles d’assiduité ou de présence.
L’agent doit lui-même payer le coût de la formation, sauf s’il parvient à mobiliser son compte personnel de formation (CPF), qui relève de dispositions distinctes.
Le point de vue d'AD/CFE-CGC
Le congé de formation professionnelle est un élément central du droit à la formation professionnelle tout au long de la vie, inscrit dans le code général de la fonction publique. Il permet à l’agent de s’orienter vers des formations de son choix, afin d’acquérir de nouvelles compétences dans son emploi, de prétendre à une promotion ou de préparer une reconversion professionnelle. C’est donc un outil essentiel pour la progression de carrière des personnels, permettant à ceux-ci de construire leur parcours de façon autonome, et à l’État de bénéficier du service d’agents mieux formés et plus motivés.
Dans les faits cependant, les modalités d’attribution de ce congé ne permettent pas d’atteindre pleinement ces objectifs. Il est compréhensible qu’un délai minimum d’attente soit nécessaire pour permettre de donner satisfaction à toutes les demandes qui sont réellement motivées. Mais il n’est pas acceptable qu’il faille attendre parfois huit ou neuf ans pour obtenir un congé de formation, et, d’une manière générale, que l’agent ne puisse pas savoir précisément à quelle échéance il obtiendra satisfaction.
Les disparités importantes observées entre les académies, qui dépendent du taux de demandes et des contingents accordés à chacun d’entre elles, n’est pas davantage acceptable dans une administration qui promeut l’égalité des chances.
Cette situation conduit en réalité à décourager les agents à se former, et tend à réduire le champ des formations demandées, pour les enseignants, aux préparations aux concours de l’agrégation.
C’est pourquoi nous demandons que des règles claires soient établies au niveau national, pour que les candidatures soient départagées selon des critères communs et, surtout, que les moyens nécessaires soient dévolus à chaque académie pour que chaque agent qui en fait la demande puisse obtenir un congé de formation dans un délai maximal de trois ans.
D’un point de vue financier, les dispositions présentes permettent à l’agent de limiter sa perte de salaire en percevant 85 % de son traitement brut. Cependant, le coût de la formation reste à sa charge, et le plafonnement de l’indemnité mensuelle représente une perte de salaire beaucoup plus importante pour les agents qui sont en deuxième partie de carrière.
Aussi, afin de ne pas pénaliser financièrement les agents qui expriment la volonté de continuer à se former, nous demandons d’une part que le compte de personnel de formation puisse être automatiquement mobilisé pour financer les coûts de formation, et d’autre part que l’indemnité soit déplafonnée pour permettre à tous les agents, quel que soit leur grade, de bénéficier de 85 % de leur traitement brut.
Références
Décret n° 2007-1470 du 15 octobre 2007 (articles 24 à 29) relatif à la formation professionnelle tout au long de la vie des fonctionnaires de l’État
Décret n°2007-1942 du 26 décembre 2007 (pour les personnels non titulaires)