Nous vous avons lu. Nous vous avons écouté. Et nous avons porté votre voix auprès du ministre.
Vous avez été près de 2 800 à répondre à notre enquête sur les conditions de travail des contractuels menée de février à avril 2025. Nous avons mis du temps à publier ce rapport. Non pas parce qu’il ne serait pas important, mais justement parce qu’il l’est trop pour être traité à la légère.
Toutes les académies sont représentées, tous les métiers, toutes les fonctions. Enseignants du 1er ou du 2d degré, AESH, AED, personnels administratifs, techniques, infirmiers, psychologues scolaires, contractuels des rectorats ou des DSDEN : vous nous avez parlé vrai, parfois avec colère, souvent avec lucidité, toujours avec courage.
Et nous, nous avons tout lu. Vos réponses comme vos nombreux et riches commentaires libres. C’est ce travail de lecture, de décodage, de mise en perspective qui a pris du temps. Ce n’est pas rien de lire des centaines de récits de précarité institutionnalisée, de contrats renouvelés à la dernière minute, de salaires versés en retard, de fonctions exercées sans accompagnement, sans formation, sans reconnaissance, parfois même sans fiche de poste. Ce n’est pas rien non plus de voir combien vous aimez votre travail, les élèves, le service public, et combien vous en êtes empêchés.
Nous avons aussi voulu attendre qu’un ministre soit enfin nommé et qu’il n’affiche pas le même désintérêt pour l’éducation nationale que l’ancienne Première ministre, Élisabeth Borne. Nous avons enfin remis ce rapport au cabinet le 29 janvier dernier lors d’une audience où nous avons rappelé que les contractuels, qui sont de plus en plus recrutés pour répondre à des besoins permanents, ne sont pas des variables d’ajustement mais des professionnels à part entière.
Le rapport que nous vous présentons aujourd’hui n’est pas un simple document statistique. C’est une synthèse de ce que vous vivez, jour après jour, dans vos académies, dans vos établissements, dans l’ombre trop souvent. Il décrit les contrats précaires, les affectations floues, les inégalités de traitement, les charges de travail mal réparties, le sentiment d’abandon, mais aussi les attentes concrètes, les pistes d’amélioration, les revendications précises que vous exprimez.
Ce rapport est désormais entre les mains du ministère. Mais nous n’en resterons pas là. Nous continuerons à vous défendre, à exiger des mesures concrètes : une reconnaissance statutaire, une meilleure rémunération, le respect des règles les plus élémentaires du droit public, un accès effectif à la formation et à l’information. Et surtout, la fin du mépris institutionnel.
Parce que nous sommes à vos côtés. Parce que nous sommes aussi parmi vous.