AD/CFE-CGC, pour défendre l'école et tous ceux qui la font vivre

AD / Entretien / juin 2022

Patrice Romain est un chef d’établissement fraîchement retraité, auteur de plusieurs livres volontiers humoristiques sur l’Éducation Nationale, dont certains ont connu quelque succès et ont parfois même fait quelque bruit : Mots d’excuse (2012), Un principal ne devrait pas dire ça (2019), Inspecteurs casse-couilles (2020)… Facétieux, collectionneur de brèves édifiantes depuis ses débuts en tant qu’instituteur, Patrice Romain récidive avec un livre à l’humour tout aussi vif, mais dont le ton est moins enjoué, plus dramatique : Requiem pour l’Éducation Nationale, publié en 2021 au Cherche Midi. Ce requiem, qu’il prend soin de publier alors qu’il quitte la « maison », est un cri d’alarme : il ne reste plus grand-chose de cette institution qu’il a servie pendant quarante-trois ans. 

Extraits :

« Il y a un modus vivendi entre la hiérarchie et certains syndicats pour ne pas faire de vague.  […] Mais difficile ensuite de défendre l’intérêt général. Lorsque les collègues grognent un peu trop, ils se satisfont d’obtenir… une entrevue avec la hiérarchie. Les participants en repartent satisfaits, et les perdirs de base sont une nouvelle fois les dindons de la farce… » 
[…]
« Malgré les beaux discours, il n’y a aucune gestion humaine des perdirs, aucune aide, aucun soutien, aucune empathie. Nous sommes seuls face à nos problèmes. Élèves et/ou parents vs prof, profs vs CE : la hiérarchie soutiendra toujours le plus fort et prendra la décision qui permettra, comme je l’ai dit, de faire le moins de vagues possible (je vous renvoie à mon livre). Nous sommes des citrons que l’on presse puis que l’on jette. La hiérarchie ne s’en vante pas, mais de nombreux collègues s’effondrent : dépression, Congé Longue Maladie (CLM), etc. Et vous verrez : les choses ne feront qu’empirer. Comme les enseignants, nombreux parmi nous sont entrés dans la fonction avec enthousiasme mais sont laminés au bout de quelques années d’exercice… »

Retrouvez ci-dessous l’intégralité de l’entretien qui a été publié dans notre revue Le Pari de l’intelligence, n°3, août 2022, pp. 107-114

Faire le pari de l’intelligence, c’est miser sur la profondeur de la réflexion et le renouvellement des idées pour réinventer le combat syndical, plus que jamais essentiel et pour se saisir à nouveau du projet d’une école ambitieuse, digne des prochaines générations et respectueuse de ses professeurs comme de chacun de ses acteurs !

Actus

Réforme du CAPES : vers un BTS enseignement ?

Alors que le niveau des élèves baisse et que le métier d’enseignant perd en attractivité, le gouvernement s’engage dans une réforme du recrutement qui sacrifie la formation scientifique aux postures idéologiques. Fini les professeurs spécialistes, place aux techniciens de l’inclusivité formés à la va-vite pour répéter les dogmes du moment, comme s’il fallait savoir moins pour enseigner mieux. A ce rythme, pourquoi pas un simple BTS pour devenir professeur ? Action & Démocratie dénonce cette dénaturation du métier masquée sous les habits trompeurs de la « professionnalisation ».

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Proposition de loi visant à protéger l’école de la République et les personnels qui y travaillent

Protection fonctionnelle accordée de plein droit, aggravation des peines pour faits de violence envers les personnels, inspection visuelle et fouille des effets personnels en cas de menace pour l’ordre et la sécurité : une proposition de loi qui ne fait qu’une partie du chemin pour protéger efficacement les personnels et qui néglige l’une des mesures indispensables que défend AD pour conforter leur autorité.

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Fouilles de sacs « aléatoires » à l’entrée des établissements scolaires à partir du printemps

La ministre a annoncé pour le printemps des fouilles de sacs aléatoires aux abords de certains établissements, suite à plusieurs agressions à l’arme blanche depuis le début d’année. Cette annonce ne résout en rien le problème de la sécurité aux abords et au sein des établissements qui exige un état des lieux sincère et une politique ambitieuse plutôt que de la communication.

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L’intelligence artificielle progresse dans l’Éducation nationale

Analyse Action & Démocratie demande le respect dans tous les domaines, donc aussi dans celui de l’éducation, de la loi adoptée par l’Union européenne sur l’intelligence artificielle. La protection des données et de la vie privée doit par conséquent être assurée, tout comme le droit à l’information sur l’utilisation des outils algorithmiques et sur leurs critères

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Diffamations et accusations mensongères : la première cause de souffrance des personnels

Être accusé à tort : une épreuve qu’aucun professionnel de l’éducation ne devrait subir ni affronter sans soutien. Le dernier baromètre de l’ASL révèle une explosion des diffamations et accusations mensongères, désormais première cause de souffrance dans les établissements.
Action & Démocratie lance un appel à témoignages pour que la parole des personnels soit enfin entendue et que la protection fonctionnelle devienne une réalité pour tous.

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Vous avez dit CPS ?

Sans le moindre débat préalable, le ministère a décidé d’intégrer les « compétences psychosociales » dans tous les programmes scolaires, renforçant encore le rôle de l’école comme acteur de santé publique et de prévention. Mais est-ce là sa fonction ? Et sont-ce là nos missions en tant qu’enseignants ? AD conteste cette évolution et demande à être auditionné par le conseil supérieur des programmes.

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Cadre d’usage de l’IA en éducation

Face à l’introduction précipitée de l’intelligence artificielle dans l’éducation, Action & Démocratie exprime une position de vigilance critique : le syndicat dénonce un cadre flou, des finalités mal définies et les risques d’une dérive techniciste qui menace la mission émancipatrice de l’École.

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10% en moins en cas d’arrêt maladie : AD/CFE-CGC se mobilise

Inscrite dans la loi de finance 2025, la baisse de 10% du traitement pendant les trois premiers mois de congé maladie ordinaire aura inévitablement pour effet, compte tenu de la faiblesse des traitements, de pousser les agents à effectuer leur service tout en étant malades et de ce fait contagieux pour leurs collègues aussi bien que leurs élèves : d’un simple point de vue sanitaire et organisationnel, une telle mesure est contre-productive autant pour le salarié que pour les élèves et l’institution. AD/CFE-CGC saisit le Conseil d’État pour la faire annuler.

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