Arrêts maladie et temps partiel thérapeutique : ce qui change à la rentrée

Le décret du 29 juillet apporte de réelles avancées pour le temps partiel thérapeutique, dont les règles sont simplifiées et certains droits mieux garantis. Mais il renforce parallèlement l’encadrement et le contrôle des arrêts maladie, avec de nouvelles contraintes applicables dès le 1er septembre. Une réforme à deux visages qu’il vaut mieux connaître.

AD / Info /1er septembre 2026

Un décret publié le 29 juillet modifie sensiblement les règles applicables aux congés pour raison de santé dans toute la fonction publique. Certaines mesures constituent de réelles avancées pour les personnels ; d’autres vont au contraire dans le sens d’un contrôle accru des arrêts maladie.

Du mieux tout d’abord pour le temps partiel thérapeutique. Depuis le 1er août, il peut être accordé pour la durée médicalement justifiée, toujours dans la limite totale d’un an, mais sans devoir être renouvelé tous les un à trois mois. Le contrôle systématique par un médecin agréé au-delà de trois mois disparaît également, même si l’administration conserve la possibilité d’en demander un.

Les personnels disposent surtout de nouvelles garanties en cas de refus. Celui-ci doit désormais être motivé et, lorsqu’il est fondé sur les nécessités de fonctionnement du service, être précédé d’un entretien au cours duquel l’agent peut se faire assister par la personne de son choix. En revanche, l’administration dispose désormais, sauf dans certains cas de reprise après un congé long, d’un délai pouvant aller jusqu’à trente jours pour répondre à une première demande.

Pour les arrêts maladie, les nouvelles dispositions applicables à compter du 1er septembre sont nettement plus contraignantes. Un arrêt initial ne pourra en principe excéder 31 jours et chaque prolongation 62 jours, sauf dérogation médicalement justifiée. Surtout, une prolongation devra normalement être prescrite par le même professionnel de santé que l’arrêt initial pour permettre le maintien de la rémunération, sous réserve des exceptions prévues par le Code de la sécurité sociale.

L’administration pourra également procéder à des contrôles de présence au domicile ou sur le lieu de repos lorsque l’arrêt impose des heures de présence. Un refus de contrôle ou une absence injustifiée pourra entraîner l’interruption de la rémunération jusqu’à la fin de l’arrêt. Les arrêts établis sur papier devront par ailleurs utiliser un nouveau formulaire Cerfa sécurisé.

Le décret comporte néanmoins deux avancées intéressantes : un agent pourra, avec l’accord d’un médecin agréé, suivre une formation ou effectuer un bilan de compétences pendant un congé maladie ; dans la fonction publique de l’État, les agents ayant épuisé leurs droits à congé maladie ordinaire alors qu’ils attendent une décision sur leur placement en congé de longue maladie ou de longue durée bénéficieront désormais d’une indemnité d’attente.

Le bilan est donc contrasté : des démarches simplifiées et des droits mieux garantis pour le temps partiel thérapeutique, mais un encadrement et un contrôle sensiblement renforcés des arrêts maladie. Ce nouveau tour de vis s’ajoute au jour de carence et à la réduction à 90 % de la rémunération pendant les trois premiers mois de congé maladie ordinaire. Dans une Éducation nationale confrontée à une usure professionnelle croissante, pénaliser et contrôler toujours davantage les agents malades ne saurait tenir lieu de politique de prévention. Et les propositions qui commencent déjà à fleurir à l’approche de l’élection présidentielle de 2027 n’augurent malheureusement rien de bon. Action & Démocratie et la Fédération des Services publics CFE-CGC n’entendent pas laisser les agents publics malades devenir, une fois encore, la variable d’ajustement des économies budgétaires à venir.

 

Références :

Décret n° 2026-705 du 29 juillet 2026 relatif aux congés pour raisons de santé des agents publics civils et militaires
Fonction publique : de nouvelles règles pour les arrêts de travail et le temps partiel thérapeutique

A lire aussi

Actus

Congé de naissance : entrée en vigueur au 1er juillet 2026

À compter du 1er juillet 2026, un congé de naissance rémunéré s’ajoutera aux congés de maternité, de paternité ou d’adoption. Il concernera les parents d’enfants nés ou adoptés à partir du 1er janvier 2026 et pourra être pris selon des modalités transitoires jusqu’à la fin de l’année 2026.

Lire la suite »

Un ministre à l’écoute : un échange franc au conseil supérieur de l’éducation, des engagements et un changement de méthode

Lors de la séance du Conseil supérieur de l’éducation du 4 décembre consacrée à un échange approfondi avec Édouard Geffray, Action & Démocratie / CFE-CGC a porté la voix du terrain sur trois priorités : la protection réelle des personnels, les limites de l’inclusion telle qu’elle est déployée et la cohérence des politiques éducatives. Le ministre reconnaît la nécessité d’une réponse explicite en matière de protection fonctionnelle, se dit prêt à reconsidérer certains dispositifs et annonce vouloir sortir des textes incantatoires. En annonçant qu’il rédigera lui-même la prochaine circulaire de rentrée, il répond à la déclaration préalable d’AD/CFE-CGC et affirme vouloir « dire clairement les choses ». Début de changement ? Nous le saurons très vite…

Lire la suite »

Diffamations et accusations mensongères : la première cause de souffrance des personnels

Être accusé à tort : une épreuve qu’aucun professionnel de l’éducation ne devrait subir ni affronter sans soutien. Le dernier baromètre de l’ASL révèle une explosion des diffamations et accusations mensongères, désormais première cause de souffrance dans les établissements.
Action & Démocratie lance un appel à témoignages pour que la parole des personnels soit enfin entendue et que la protection fonctionnelle devienne une réalité pour tous.

Lire la suite »

Affectation des TZR : le Conseil d’État renforce les droits des enseignants

Par une décision du 5 mars 2024, le Conseil d’État reconnaît que le refus d’affecter un enseignant titulaire de zone de remplacement (TZR) sur un poste fixe constitue une décision pouvant être contestée devant le juge administratif.
Jusqu’ici, ce type de demande était considéré comme une simple mesure interne, insusceptible de recours. Cette évolution renforce les garanties des personnels dans un contexte où la suppression des commissions paritaires a réduit leurs moyens de défense.

Lire la suite »

21,7 élèves en moyenne… ou l’art de faire disparaître la réalité

Vous croyez avoir 35 élèves devant vous ?
Erreur : selon la DEPP, ils ne sont que 21,7. Si vous n’arrivez plus à circuler entre les tables, c’est sûrement parce que vous n’êtes pas dans « la moyenne »… Rétablissons la réalité face aux illusions statistiques : dites-nous combien d’élèves vous avez réellement. Nos chiffres contre leurs moyennes.

Lire la suite »

Dépenses d’éducation : des chiffres officiels trompeurs

Une récente note du Conseil d’analyse économique révèle que le budget de l’éducation nationale est artificiellement gonflé de 0,5 point de PIB, soit près de 17 milliards d’euros. Cette surestimation résulte d’une convention comptable sur les retraites des fonctionnaires et fausse les comparaisons internationales. En réalité, la France consacre un peu moins que la moyenne européenne à son école. Il est urgent de sortir de ces illusions comptables et d’investir réellement dans l’éducation et ceux qui la font vivre.

Lire la suite »

ISAE / ISOE : de nouvelles dispositions applicables dès septembre 2025

Le décret du 8 septembre 2025 introduit une part modulable dans l’ISAE et étend les missions relevant de l’ISOE. Si ces mesures revalorisent certaines fonctions, elles confirment aussi un glissement vers une rémunération par primes et missions supplémentaires, au détriment du traitement de base. AD/CFE-CGC fait ici le point sur l’ISAE et l’ISOE.

Lire la suite »