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Cumul emploi-retraite : avant 67 ans, travailler après la retraite va devenir financièrement dissuasif

Le Projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) 2026, adopté le 16 décembre 2025, introduit une réforme majeure mais peu médiatisée : le durcissement du cumul emploi-retraite. Contrairement à la suspension partielle de la réforme Borne, limitée aux générations 1964-1968, cette mesure aura un impact durable sur l’ensemble des futurs retraités.

  • Avant 64 ans: tout revenu d’activité est déduit de la pension.
  • Entre 64 et 67 ans: un plafond d’environ 7 000 € par an est fixé, avec une réduction de pension de 50 % au-delà.
  • À partir de 67 ans: le cumul redevient intégral et permet d’acquérir de nouveaux droits.

L’objectif du gouvernement est de réaliser des économies importantes et de cibler le dispositif sur les retraités modestes. Toutefois, la tranche 64-67 ans est fortement pénalisée : travailler dans cette période devient peu rentable, voire dissuasif, ce qui pourrait encourager l’attente jusqu’à 67 ans ou favoriser le travail non déclaré.

Enfin, les personnes envisageant de partir à la retraite avant 2027 peuvent encore bénéficier des règles actuelles, plus avantageuses.

AD / ACTUS /janvier 2026

Le 16 décembre 2025, l’Assemblée nationale a définitivement adopté le Projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026. Dans l’avalanche de mesures, une disposition est passée presque inaperçue : la refonte complète du cumul emploi-retraite. Pourtant.

La mise en pause de la réforme Borne ne bénéficiera qu’aux générations nées entre 1964 et 1968, qui pourront partir un trimestre plus tôt. Un avantage transitoire, limité dans le temps. À l’inverse, le durcissement du cumul emploi-retraite constitue un « changement systémique qui va toucher l’ensemble des futures générations de retraités ».

Ce qui va changer au 1er janvier 2027

Contrairement à ce que certains articles ont pu laisser entendre, la réforme n’entre pas en vigueur en 2026. Les nouvelles règles s’appliqueront aux assurés dont la première pension de retraite prendra effet à compter du 1er janvier 2027. Les retraités ayant déjà liquidé leur pension avant cette date conservent les règles actuelles.

Le nouveau dispositif instaure un système à trois étages selon l’âge du retraité : 

  • Avant 64 ans (âge légal) : chaque euro gagné est déduit de la pension. Le cumul devient quasi impossible pour les départs anticipés.
  • Entre 64 et 67 ans : un plafond d’environ 7 000 € de revenus annuels est instauré. Au-delà, la pension est réduite de 50 % du dépassement.
  • À partir de 67 ans : le cumul redevient intégral et permet même d’acquérir de nouveaux droits pour une seconde pension.

L’objectif affiché par le gouvernement est double : générer 400 millions d’euros d’économies dès 2027 (1,9 milliard à l’horizon 2030) et “recentrer le dispositif sur les retraités les plus modestes”, selon le ministère du Travail.

Le piège des 64-67 ans : travailler pour (presque) rien

C’est la tranche d’âge la plus pénalisée par la réforme. Prenons un exemple concret : un retraité de 65 ans perçoit une pension de 1 400 € mensuels. Il accepte une mission de conseil rémunérée 12 000 € sur l’année.

Avec le nouveau système, le calcul devient défavorable :
Revenus d’activité : 12 000 €
Dépassement du plafond (12 000 – 7 000) : 5 000 €
Écrêtage à 50 % : 2 500 € déduits de la pension annuelle

Résultat : pour 12 000 € bruts gagnés, ce retraité ne conserve réellement que 9 500 € après déduction sur sa pension, avant même l’impôt sur le revenu. Le taux marginal réel de cette activité devient confiscatoire.

Cette mécanique rend le cumul emploi-retraite “très peu intéressant financièrement” avant 67 ans, comme le reconnaît le gouvernement lui-même. Mais était-ce vraiment l’objectif ?

En d’autres termes, le législateur a créé un système qui pousse les retraités à attendre 67 ans pour reprendre une activité, mais ce délai de trois ans les rend de facto inaptes au retour à l’emploi. Un paradoxe que personne n’a anticipé.

Autre inquiétude soulevée par plusieurs observateurs : le risque d’une explosion du travail dissimulé. Face à un écrêtage perçu comme confiscatoire, certains retraités pourraient être tentés de travailler “au noir” pour conserver l’intégralité de leurs revenus. Une dérive qui échapperait totalement aux caisses de retraite et au fisc.

Ce qu'il faut retenir avant de prendre votre décision

Si vous envisagez de liquider votre retraite en 2026, vous avez encore quelques mois pour bénéficier des règles actuelles du cumul emploi-retraite. Passé le 1er janvier 2027, le nouveau système s’appliquera.

Sources :
– L’Assurance Retraite, Loi de financement de la Sécurité sociale adoptée : les principales mesures retraite, décembre 2025, lassuranceretraite.fr

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