À l’occasion de son audition par la mission d’information du Sénat sur la souffrance psychique au travail, le 1er avril 2026, Action & Démocratie a porté la voix des personnels de l’Éducation nationale.
Aux côtés des représentants des secteurs de la santé et de la police nationale, dans le cadre de la délégation de la CFE-CGC Services publics, notre organisation, représentée par René Chiche, s’est attachée à montrer comment les situations dans lesquelles sont placés les personnels produisent de la souffrance psychique, qu’il serait hâtif d’identifier purement et simplement au syndrome d’épuisement professionnel — le burn-out — qui n’en constitue qu’une forme extrême.
La souffrance psychique au travail, souvent invisible et tue, est d’abord le symptôme de dysfonctionnements et d’une dégradation profonde des conditions concrètes d’exercice des métiers.
Dans l’Éducation nationale, cette souffrance prend aujourd’hui une ampleur particulière. Elle va de pair avec le sentiment d’une perte de sens du métier et la multiplication des injonctions contradictoires, pour ne rien dire du manque de soutien et de l’affaiblissement du cadre institutionnel. À cela s’ajoutent des évolutions qui déstabilisent profondément les repères professionnels et placent les personnels dans des situations qu’ils ne peuvent plus assumer sereinement.
À travers son intervention, Action & Démocratie a souhaité rappeler que ces difficultés ne relèvent pas d’un malaise diffus, mais d’une réalité objectivable, largement partagée par les personnels et documentée depuis de nombreuses années.
Dans le cadre du questionnaire adressé aux organisations syndicales, notre organisation a apporté des réponses détaillées, directement issues du terrain et des contributions des personnels. Celles-ci mettent en lumière les causes structurelles de l’épuisement professionnel, mais aussi les limites des dispositifs actuels, trop souvent centrés sur la gestion des conséquences plutôt que sur le traitement des causes.
Nous avons également tenu à alerter sur les carences persistantes de l’État employeur en matière de prévention, en particulier s’agissant de la médecine de prévention, dont les moyens restent très largement insuffisants au regard des obligations légales. Rappelons que, même si notre plainte contre un ministre n’a pas abouti, elle a contribué à une prise de conscience de ce qui constitue clairement un scandale.
Forts de ces constats et analyses, nous formulons des recommandations claires et précises : contraindre l’État à se comporter en employeur respectueux des règles qu’il édicte pour les autres, obtenir une inspection du travail indépendante comme dans le secteur privé, mettre fin aux injonctions contradictoires, assurer une protection effective de la santé des agents et reconnaître l’usure professionnelle.
Retrouvez ci-dessous notre déclaration liminaire ainsi que l’intégralité des réponses apportées par Action & Démocratie au questionnaire de la mission sénatoriale, dont la rapporteure, Annick Girardin, nous a fait savoir qu’elle avait été particulièrement intéressée et éclairée par cette contribution à ses travaux.