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La direction d'école

1/ Statut et missions

Un enseignant au service du collectif

Le décret n° 2023-777 du 14 août 2023 précise les responsabilités des directeurs et directrices d’école.
Contrairement à une idée répandue, ils ne sont pas les supérieurs hiérarchiques des enseignants. Leur fonction repose sur trois axes principaux : organiser, coordonner, représenter.

Une mission d’organisation et de coordination

Le directeur ou la directrice a pour rôle de :

  • veiller au respect de la réglementation et au bon fonctionnement de l’école ;
  • coordonner l’action pédagogique et animer l’équipe enseignante ;
  • garantir l’accueil et la sécurité des élèves, et maintenir le dialogue avec les familles.

Selon la taille de l’école, il ou elle bénéficie d’une décharge partielle ou totale d’enseignement (voir ci-dessous).

Des responsabilités précises

Ses attributions comprennent notamment :

  • l’admission des élèves et l’autorisation des sorties scolaires sans nuitée ;
  • la répartition des élèves et la définition de la structure pédagogique, après avis du conseil des maîtres ;
  • la gestion et la répartition des moyens pédagogiques et matériels ;
  • l’organisation du service des enseignants, toujours après consultation du conseil des maîtres ;
  • la coordination du travail des personnels communaux dans l’école ;
  • l’organisation des élections des représentants de parents d’élèves ;
  • la présidence des conseils des maîtres et du conseil d’école ;
  • la représentation de l’école auprès de la commune, des associations et des autres partenaires institutionnels ;
  • la responsabilité de la sécurité dans l’établissement.

Le rôle en conseil des maîtres

Présider le conseil des maîtres signifie :

  • proposer un ordre du jour, ouvert aux suggestions de l’ensemble de l’équipe ;
  • veiller au traitement complet des points inscrits ;
  • garantir une répartition équilibrée de la parole entre les participants.

La loi Rilhac (2021) : une reconnaissance renforcée

La loi n° 2021-1716 du 21 décembre 2021, dite loi Rilhac, a apporté une nouvelle reconnaissance au rôle du directeur ou de la directrice d’école.

Ce qui a évolué

  1. Une reconnaissance juridique
    • Le directeur est officiellement reconnu comme responsable du bon fonctionnement de l’école.
    • Il devient l’interlocuteur privilégié des familles, des collectivités et de l’administration.
  2. Une autorité fonctionnelle (mais non hiérarchique)
    • Le texte introduit la notion d’autorité fonctionnelle : le directeur peut organiser le travail collectif (répartition des élèves, emplois du temps, surveillance, circulation de l’information).
    • Cette autorité est strictement limitée à l’organisation du service : elle n’implique aucun pouvoir d’évaluation ni de sanction.
  3. Des missions renforcées
    • Représenter l’institution au sein de l’école.
    • Veiller à l’application des programmes et à la diffusion des instructions.
    • Organiser le travail en lien avec les personnels communaux.
    • Garantir la sécurité des élèves et le respect de la réglementation.
  4. Une formation et un accompagnement spécifiques
    • La loi prévoit un parcours de formation dédié aux directeurs et directrices, ainsi qu’un accompagnement renforcé.

Ce qui ne change pas

  • Le directeur ou la directrice reste un enseignant parmi ses pairs.
  • Il ou elle n’exerce aucune autorité hiérarchique : pas d’évaluation, pas de recrutement, pas de sanction disciplinaire.
  • Sa mission demeure une fonction de coordination et de représentation au service du collectif.

2/ Décharges et primes

Le métier de directeur d’école connaît une reconnaissance officielle de plus en plus affirmée. Cette évolution reflète la réalité de terrain où les responsabilités des directeurs s’intensifient, en particulier en fonction de la taille et de la structure de l’établissement.

Dans les petites écoles, l’enseignant qui assure également la direction continue souvent d’exercer une grande part de son temps en tant que professeur. En revanche, dans les établissements plus grands, le rôle de directeur prend une dimension plus administrative et managériale, nécessitant des compétences diverses et spécifiques.

Il est essentiel de prendre en compte cette diversité des situations. Les directeurs dont le temps d’enseignement reste important doivent être reconnus et soutenus dans leur double rôle. À l’inverse, ceux qui se consacrent entièrement à la direction doivent bénéficier de ressources et de reconnaissance adaptées à leurs responsabilités étendues.

Cette page présente un état des lieux des conditions actuelles de décharges et des primes/indemnités pour les directeurs d’école, ainsi que nos propositions pour améliorer ces conditions et mieux répondre aux réalités de chaque situation.

Des conditions de décharges nettement insuffisantes

Les volets administratifs et relationnels accaparent beaucoup trop les directeurs qui ne sont plus en mesure d’assurer pleinement le volet pédagogique, pourtant au cœur de leur mission.

C’est pourquoi nous préconisons des taux de décharges bien supérieurs à la situation actuelle comme l’expose ce tableau :

Proposition AD taux de décharge de service en fonction du nombre de classes

Il est à noter que le temps de décharge dépend également du classement de l’école en éducation prioritaire (REP ou REP +). Se reporter vers les pages consacrées à l’éducation prioritaire sur notre site car il nous semble davantage pertinent d’augmenter le personnel présent dans les écoles de l’éducation prioritaire, comme les membres du RASED, que le temps de décharge du directeur alors que nous le préconisons déjà ici de façon importante.

Une revalorisation salariale indispensable

La reconnaissance tant attendue des directeurs passe aussi par une fiche de paie qui tienne compte des nombreuses tâches qui lui incombent et de la lourde responsabilité qui en découle.

Les propositions suivantes correspondent au total à une augmentation salariale comprise entre 220 € pour les directions d’école d’une seule classe à plus de 320 € pour les structures de 10 classes ou plus, ce qui revient à une indemnité de direction totale de 480 € à 800 €.

Depuis le 1er juillet 2023, la valeur du point d’indice brut est de 4,923 € (valeur du point d’indice net est de 3,907€).

Les sommes indiquées sont en brut et par mois.

L’ISS part variable est majorée en éducation prioritaire : + 20 % en REP et + 50 % en REP +.

La reconnaissance pleine et entière du métier de directeur nécessite également une formation initiale et continue qui tienne réellement compte de ses principales missions. Ainsi AD préconise sur le temps des animations pédagogiques une formation spécifique dans trois domaines : juridique, gestion d’équipe et sur le plan de la sécurité.

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