Le projet d’arrêté modifiant l’organisation des enseignements au collège a soulevé d’autres difficultés, à la fois sur la forme du texte, sur les moyens et, derechef, sur les postures adoptées par certaines organisations syndicales.
Sur le plan réglementaire, l’article 1er introduisait des références croisées au code de l’éducation qui détournaient selon nous cet article de son objet initial, limité à la répartition horaire des enseignements, et faisaient intervenir des notions insuffisamment définies, au premier rang desquelles celle d’« accompagnement pédagogique ».
Nous tenons, au travers de ce compte rendu, à alerter les collègues sur cette notion qui se répand dans les textes réglementaires pour justifier des dispositifs à l’efficacité douteuse afin de remédier à la difficulté, ou comme il est dit désormais par le décret évoqué précédemment la « prévenir », alors que dans le même temps les heures d’enseignement proprement dit diminuent comme peau de chagrin ! A ce rythme, on finira bientôt par renommer les établissements d’enseignement en établissement d’accompagnement pédagogique [sic] et les professeurs en accompagnants…
L’administration a partiellement tenu compte des motivations de notre amendement de suppression en retirant de l’article 1er de l’arrêté la référence à l’article D.311-11 du code de l’éducation, sans toutefois aller jusqu’au bout de la clarification juridique proposée. La rédaction défendue par la DGESCO demeure à nos yeux source de confusion et pourrait, à terme, servir de fondement à des interprétations excessivement contraignantes pour les équipes.
C’est également à l’occasion de l’examen de cet arrêté qu’a été abordée la question du rétablissement de l’enseignement de technologie en classe de sixième. Un vœu en ce sens, auquel nous souhaitions nous associer, avait été présenté par le SNALC, demandant explicitement le rétablissement de cet enseignement, supprimé sous couvert de réorganisations pédagogiques successives. Ce vœu a toutefois été retiré en séance par ses auteurs, au motif qu’un amendement déposé par le SNES poursuivait, selon eux, le même objectif.
Or cet amendement portait sur un texte dont l’entrée en vigueur est prévue à l’horizon de la rentrée 2026. Dans ces conditions, demander le rétablissement de la technologie en sixième dans le cadre de cet amendement revenait à formuler une revendication sans effet possible, l’administration pouvant légitimement opposer l’impossibilité matérielle et réglementaire de revenir sur des programmes déjà modifiés. Présenter cette démarche comme équivalente à un vœu immédiatement applicable relevait donc d’une forme d’affichage, sans portée concrète.
Face à ce constat, Action & Démocratie/CFE-CGC a annoncé qu’elle déposerait un vœu spécifique lors d’une prochaine séance du Conseil supérieur de l’éducation, afin que cette question soit traitée frontalement et dans un cadre permettant une réponse effective, et non par des postures de circonstance.
Le projet d’arrêté modifiant l’organisation des enseignements au collège a soulevé d’autres difficultés, concernant cette fois les moyens. Par rapport à la version examinée en commission spécialisée le 17 décembre, ce texte marque en réalité un recul significatif.
La version initiale prévoyait explicitement des moyens supplémentaires destinés à permettre l’organisation des enseignements en groupes de besoins ou toute autre modalité d’accompagnement. Action & Démocratie avait alors contesté le fait que ces moyens soient laissés à la seule discrétion des recteurs, sans aucune garantie nationale, soulignant le risque évident d’inégalités territoriales et d’arbitrages défavorables aux équipes. Cette critique n’a pas été entendue. Au lieu de sécuriser ces moyens au niveau national, l’administration a fait un autre choix : supprimer purement et simplement toute référence aux moyens supplémentaires.
Le résultat est un arrêté particulièrement bavard, multipliant les développements sur un « accompagnement pédagogique renforcé » présenté comme une évidence, mais entièrement théorique, faute de moyens dédiés. Chacun sait pourtant que, dans un contexte de contraintes horaires et budgétaires fortes, aucun établissement ne peut « déshabiller Pierre pour habiller Paul ». Sans dotation supplémentaire, ces dispositifs ne peuvent fonctionner qu’au détriment des enseignements existants.