Autorisations d’absence : plusieurs avancées à partir du 1er janvier 2027

Mariage, PACS, décès d’un conjoint ou de certains proches : plusieurs autorisations d’absence jusqu’ici soumises aux nécessités de service vont devenir de véritables droits. Durées allongées, prise possible par demi-journée, délais assouplis… À compter du 1er janvier 2027, plusieurs règles vont changer en faveur des personnels.

AD / Info /1er septembre 2026

Le décret n° 2026-604 du 6 juillet 2026 relatif aux autorisations spéciales d’absence (ASA) liées à la parentalité et à certains événements familiaux comporte plusieurs avancées intéressantes pour les agents publics. Valable pour l’ensemble de la fonction publique, il entrera en vigueur à compter du 1er janvier 2027.

L’avancée la plus importante est que plusieurs autorisations accordées jusqu’ici « sous réserve des nécessités de service » deviennent de droit. C’est notamment le cas des ASA pour un mariage ou un PACS, pour le décès du conjoint et pour certains décès de proches. C’en est donc fini, pour ces événements familiaux majeurs, du pouvoir discrétionnaire de l’administration qui ne pourra plus, par exemple, invoquer le manque de remplaçants pour les refuser.

Autres avancées, les jours d’absence accordés pour un PACS passent à cinq et sont désormais strictement alignés sur ceux accordés pour un mariage. Ceux octroyés pour le décès d’un conjoint – notion qui s’étend dorénavant au partenaire de PACS ou au concubin – passent également à cinq. Trois jours sont par ailleurs accordés en cas de décès du père ou de la mère, du conjoint, partenaire de PACS ou concubin de l’un d’eux, ainsi que d’un frère ou d’une sœur.

Ces ASA pourront en outre être prises par journée ou par demi-journée. Si elles doivent en principe être prises au moment de l’événement qui les justifie, celles accordées pour un mariage, un PACS ou les décès précités pourront débuter dans le mois suivant cet événement. Leur durée pourra même être majorée de deux jours au plus lorsque l’événement impose certains déplacements, notamment entre la métropole et l’outre-mer ou à l’étranger.

Sans oublier une petite révolution pour les enseignants : le décret étant valable pour l’ensemble de la fonction publique, ils pourront bénéficier de cinq jours d’ASA s’ils choisissent de se marier ou de se pacser en dehors des périodes de vacances scolaires.

Une réforme qui va donc pour une fois clairement dans le bon sens : elle transforme plusieurs autorisations jusqu’ici soumises à l’appréciation de l’administration en véritables droits et améliore concrètement ceux dont disposent les personnels pour faire face aux événements importants de leur vie familiale. Encore faut-il que ces nouvelles dispositions soient connues et appliquées partout : la force de l’habitude conduit parfois à continuer d’opposer aux agents des règles qui ne sont plus en vigueur. Action & Démocratie est à vos côtés pour faire respecter ces nouveaux droits.

Références :

Décret n° 2026-604 du 6 juillet 2026 relatif aux autorisations spéciales d’absence et aux aménagements horaires liés à la parentalité et à certains événements familiaux dans la fonction publique et la magistrature.

 

A lire aussi

Actus

Au CSE, une disposition scandaleuse contre les personnels dénoncée par Action & Démocratie

Réuni en séance supplémentaire le 6 mai 2026, le Conseil supérieur de l’éducation examinait un projet de loi relatif à la protection des enfants. Si l’objectif affiché du texte était légitime, Action & Démocratie / CFE-CGC a dénoncé avec fermeté une disposition introduite par le ministère prévoyant de conserver pendant dix ans dans le dossier administratif des agents certains avertissements et blâmes disciplinaires. Une mesure dangereuse pour les garanties statutaires des personnels.

Lire la suite »

Jean-Pascal Vernet : l’État condamné à verser 10 000 € pour sa « responsabilité sans faute » dans le suicide du professeur

Le tribunal administratif de Marseille vient de reconnaître la responsabilité de l’État dans le suicide de Jean-Pascal Vernet, professeur des écoles exerçant dans les Alpes de Haute-Provence qui avait reçu par erreur en mai 2019 un courrier l’informant de sa mise en examen et de sa suspension. Mais cette responsabilité est reconnue… sans faute de l’administration. Une décision qui soulève des questions graves sur les méthodes administratives, la protection des personnels et la manière dont l’institution traite désormais ses propres agents.

Lire la suite »

Souffrance psychique : le symptôme de conditions de travail devenues pathogènes

La souffrance psychique, loin d’être une faiblesse, est d’abord la manifestation d’un refus de s’adapter à des conditions de travail devenues pathogènes. Auditionné le 1er avril 2026 au Sénat dans le cadre d’une mission d’information sur l’épuisement professionnel, Action & Démocratie a mis en lumière les causes du mal-être dans l’Éducation nationale : perte de sens, injonctions contradictoires, absence de soutien et défaillance de l’État employeur.

Lire la suite »

AESH : le rejet de la fonctionnarisation au Sénat ne règle rien !

Quatre mois après le rejet par le Sénat de la proposition de loi visant à créer un statut de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH, les difficultés de fond demeurent entières. Conditions d’emploi précaires, temps incomplet imposé devenu la norme, absence de véritable cadre professionnel, mais aussi limites du modèle actuel de l’école inclusive : Action & Démocratie revient sur les débats parlementaires, analyse les arguments avancés et réaffirme ses revendications pour une amélioration concrète de la situation des AESH et de l’accompagnement des élèves.

Lire la suite »

Dialogue social au ministère : une audience utile et exigeante

Le 29 janvier 2026, Action & Démocratie/CFE-CGC a été reçu au cabinet pour porter la voix du bon sens et de la majorité silencieuse. Suspensions abusives, autorité, usure professionnelle, congés maladie, personnels de direction, contractuels, inclusion scolaire, représentativité… Dans un cadre marqué par une écoute attentive et un dialogue de qualité, nous avons confronté les réalités du terrain aux positions de l’administration, sans détour ni postures idéologiques. Retrouvez le compte rendu intégral de cette audience et nos positions sur les sujets qui vous concernent.

Lire la suite »

Téléphone portable au lycée : pourquoi Action & Démocratie soutient une interdiction inscrite dans la loi

Lors d’une table ronde organisée par la rapporteure de la proposition de loi sur la protection des mineurs face aux réseaux sociaux, Action & Démocratie a fait entendre la voix du terrain sur l’interdiction du téléphone portable au lycée. Enjeux éducatifs et de santé, usages pédagogiques, responsabilité des personnels, information des parents : voici notre analyse et nos propositions.

Lire la suite »

Entre affichage, postures et réalité : retour sur le CSE du 15 janvier

Contrairement à certaines communications triomphalistes, aucun syndicat n’a « obtenu » la suppression ou l’abrogation des groupes de besoins au collège. Le décret en maintient le principe et les inscrit même dans le code de l’éducation, tandis que l’arrêté supprime toute garantie de moyens supplémentaires et entérine la limitation à 25 heures hebdomadaires des enseignements communs obligatoires en classe de sixième. Nous revenons en détail sur cette séance pour informer les personnels que nous représentons des positions que nous avons défendues et des enjeux réels de débats complexes et parfois tendus.

Lire la suite »

Cumul emploi-retraite : une réforme passée sous silence, plus lourde que la suspension de l’âge légal…

Une réforme passée sous silence va bouleverser le cumul emploi-retraite à partir de 2027. Avant 67 ans, travailler après la retraite devient financièrement dissuasif.
Adoptée dans le cadre du PLFSS 2026, cette mesure, aux effets plus durables que la suspension de l’âge légal, instaure plafonds et écrêtages qui pénalisent directement les futurs retraités.

Lire la suite »