Élections professionnelles 2026 : tout savoir pour voter en connaissance de cause et non par habitude

Élections professionnelles : le rendez-vous à ne plus manquer

Près de six personnels sur dix ne participent plus aux élections professionnelles. Défiance envers les syndicats, sentiment que ces élections ne servent à rien, indifférence ou simple méconnaissance de leurs enjeux ? Les raisons sont sans doute multiples. Mais ce scrutin détermine pour quatre ans quelles organisations parleront en votre nom, le poids qu’elles auront face à l’administration et les moyens dont elles disposeront pour agir. Il détermine aussi quelles positions seront défendues en votre nom dans les instances et, au-delà de vos conditions de travail, quelle conception de l’École y sera portée.

Du 3 au 10 décembre 2026, ne laissons plus les autres décider à notre place.

Élections professionnelles 2026

Près de six personnels sur dix ne participent plus aux élections professionnelles. Cette abstention est d’autant plus significative que les personnels de l’Éducation nationale appartiennent à des catégories de la population qui participent traditionnellement davantage que les autres aux élections politiques. Pourquoi se détournent-ils alors aussi massivement de leurs propres élections professionnelles ? Pourquoi laissent-ils à une minorité le soin de parler au nom de la profession ?

Défiance envers les syndicats ? Sentiment que ces élections ne servent à rien et que les décisions seront prises de toute façon ? Indifférence ? Méconnaissance de ce que le vote détermine réellement ? Il entre probablement un peu de tout cela dans une abstention qui ne saurait s’expliquer par une cause unique. Mais Action & Démocratie est convaincu que les collègues ne sont pas abstentionnistes par paresse ou désintérêt, et que si une majorité reste silencieuse, c’est d’abord parce qu’elle ne se reconnaît plus dans l’offre syndicale qui lui est proposée.

Le décalage est en effet devenu considérable entre ce que disent quotidiennement les personnels dans les écoles, les établissements et les services et certaines des positions défendues en leur nom dans les instances. Autorité, discipline, niveau des élèves, crédibilité des diplômes, école inclusive, conditions de travail, multiplication des tâches, bureaucratisation des métiers : combien de constats longtemps tenus pour excessifs, voire inconvenants, sont aujourd’hui devenus des évidences ?

La crise de l’École est désormais si profonde qu’il n’est même plus possible de la dissimuler. Elle s’impose dans le débat public et devient un passage obligé des discours politiques à l’approche de l’élection présidentielle. Le déclassement de la France dans les comparaisons internationales, l’effondrement du niveau dans certains domaines fondamentaux, la perte de crédibilité des diplômes ou les difficultés rencontrées par trop d’étudiants dans l’enseignement supérieur ne permettent plus de faire semblant.

Cette situation n’est évidemment pas née hier. Elle est le résultat de décennies de politiques éducatives dont les gouvernements successifs portent la responsabilité. Mais ils ne sont pas les seuls. Plusieurs organisations syndicales ont accompagné, approuvé, parfois réclamé des réformes dont les personnels mesurent aujourd’hui les conséquences. D’autres ont préféré les postures et les oppositions rituelles à la remise en cause des orientations qui dénaturaient progressivement l’École. Beaucoup enfin ont importé dans le champ syndical des combats politiques ou idéologiques qui n’avaient rien à y faire.

Pendant ce temps, ceux qui font réellement fonctionner l’École ont trop souvent eu le sentiment que leur parole ne remontait plus. Et l’institution s’est enfoncée dans la crise. Car l’enjeu dépasse désormais très largement les conditions de travail des personnels, aussi essentielles soient-elles. Une société qui transmet de moins en moins les savoirs et les instruments du jugement prépare des générations moins libres, parce que moins armées pour comprendre le monde, distinguer le vrai du faux et résister aux marchands de certitudes, aux marchands de sommeil et, désormais, aux promesses d’une machine à laquelle nous finirions par demander d’avoir de l’intelligence à notre place.

C’est aussi pour cela que les élections professionnelles comptent. Elles ne servent pas seulement à désigner quelques collègues chargés de siéger dans des commissions techniques. Elles déterminent quelles organisations pourront parler au nom des personnels pendant quatre ans, lesquelles seront reconnues comme « représentatives », quelle place elles occuperont dans le dialogue avec l’administration et de quels moyens elles disposeront pour exercer leur activité syndicale.

Encore faut-il savoir précisément ce que nous élisons, à quoi servent les différentes instances et ce que notre vote détermine réellement. C’est ce que nous allons expliquer dans les pages qui suivent. Car après tant de rendez-vous manqués, celui de décembre 2026 ne doit pas l’être.

ÉLECTIONS PROFESSIONNELLES 2026

Tout ce qu’il faut savoir pour comprendre les enjeux du scrutin et voter en connaissance de cause.

← Retour à la page Élections 2026

POURQUOI VOTER ?

CSE, CSA, CAP, CCP : des instances différentes pour se faire entendre et agir
Comprendre le rôle des différentes instances et ce que les élections professionnelles permettent réellement de déterminer.

Commissions administratives paritaires : depuis 2019, les règles ont changé
Ce que les CAP peuvent encore faire — et ce qu’elles ne font plus — depuis la réforme de la fonction publique.

« Représentatif » : mais de qui ?
Comment les résultats des élections déterminent la représentativité des organisations syndicales et leur poids pendant quatre ans.

Plus de 2 000 équivalents temps plein : l’autre enjeu de votre vote
Les élections déterminent aussi les moyens dont disposent les organisations syndicales pour exercer leur activité.

En décembre, plusieurs votes… mais pas les mêmes enjeux
CSAMEN, CSA académique, CAP, CCP : pourquoi vous votez plusieurs fois et ce que chacun de ces votes détermine.

Actus

Programmes de français et mathématiques – cycle 3

Alors que l’Éducation nationale traverse une crise profonde, la publication précipitée de nouveaux programmes de français et de mathématiques pour le cycle 3 interroge sur les priorités du ministère. Entre une consultation boudée par les enseignants et une avalanche d’amendements lors de leur examen par le Conseil supérieur de l’éducation, ces nouveaux programmes semblent déconnectés des urgences du moment. Réécrire les programmes tous les dix ans, est-ce vraiment la priorité quand le système prend l’eau de toutes parts ?

Lire la suite »

Insécurité dans les établissements scolaires : une revue de presse

Selon le ministère de l’éducation nationale, entre le 26 mars et le 23 mai, 6000 contrôles ont entraîné la saisie de 186 couteaux, et 587 conseils de discipline ont eu lieu au total pour détention de couteaux. Voici une recension non exhaustive d’agressions récentes contre des enseignants durant l’année scolaire 2024-2025. Et ce ne sont là que la vingtaine de faits de violence grave dont la presse s’est faite l’écho, c’est-à-dire une goutte d’eau en comparaison de la réalité…

Lire la suite »

Violence scolaire : des constats alarmants qui exigent des réponses à la hauteur

Les chiffres du rapport annuel de performances 2024 le confirment : la violence dans les établissements scolaires progresse, en particulier au collège et dans les lycées professionnels. Les actes graves de violence augmentent dans tous les niveaux d’enseignement, avec un taux particulièrement élevé dans les lycées professionnels (22,6 pour 1 000 élèves). Action & Démocratie appelle à prendre des mesures concrètes, durables et adaptées pour garantir enfin la sécurité des élèves et des personnels.

Lire la suite »

Cadre d’usage de l’IA en éducation

Face à l’introduction précipitée de l’intelligence artificielle dans l’éducation, Action & Démocratie exprime une position de vigilance critique : le syndicat dénonce un cadre flou, des finalités mal définies et les risques d’une dérive techniciste qui menace la mission émancipatrice de l’École.

Lire la suite »

Usage de l’IA dans l’éducation : la menace fantôme

Le projet de « cadre d’usage de l’intelligence artificielle en éducation » présenté par le ministère élude les enjeux fondamentaux liés à la formation de l’esprit et à la mission même de l’école. AD/CFE-CGC dénonce l’absence de réflexion éthique, le manque de précautions face aux risques pédagogiques et la banalisation d’outils susceptibles d’atrophier l’intelligence naturelle que l’école a pour mission de former. AD/CFE-CGC refuse donc de cautionner un cadre d’usage qui ne cadre rien et en appelle à une réflexion de fond à la hauteur des enjeux humains, pédagogiques et éthiques que soulève cette transformation.

Lire la suite »

Réforme du CAPES : vers un BTS enseignement ?

Alors que le niveau des élèves baisse et que le métier d’enseignant perd en attractivité, le gouvernement s’engage dans une réforme du recrutement qui sacrifie la formation scientifique aux postures idéologiques. Fini les professeurs spécialistes, place aux techniciens de l’inclusivité formés à la va-vite pour répéter les dogmes du moment, comme s’il fallait savoir moins pour enseigner mieux. A ce rythme, pourquoi pas un simple BTS pour devenir professeur ? Action & Démocratie dénonce cette dénaturation du métier masquée sous les habits trompeurs de la « professionnalisation ».

Lire la suite »

10% en moins en cas d’arrêt maladie : AD/CFE-CGC se mobilise

Inscrite dans la loi de finance 2025, la baisse de 10% du traitement pendant les trois premiers mois de congé maladie ordinaire aura inévitablement pour effet, compte tenu de la faiblesse des traitements, de pousser les agents à effectuer leur service tout en étant malades et de ce fait contagieux pour leurs collègues aussi bien que leurs élèves : d’un simple point de vue sanitaire et organisationnel, une telle mesure est contre-productive autant pour le salarié que pour les élèves et l’institution. AD/CFE-CGC saisit le Conseil d’État pour la faire annuler.

Lire la suite »

Vous avez dit CPS ?

Sans le moindre débat préalable, le ministère a décidé d’intégrer les « compétences psychosociales » dans tous les programmes scolaires, renforçant encore le rôle de l’école comme acteur de santé publique et de prévention. Mais est-ce là sa fonction ? Et sont-ce là nos missions en tant qu’enseignants ? AD conteste cette évolution et demande à être auditionné par le conseil supérieur des programmes.

Lire la suite »