AD/CFE-CGC, un syndicat pour reconstruire l'école et défendre ceux qui la font vivre - ESPACE PERDIR

Pour une École qui respecte ses cadres autant qu’elle exige leur engagement

Les personnels de direction sont au cœur du fonctionnement de l’École. Sur nous convergent les attentes légitimes mais souvent contradictoires de la hiérarchie, des personnels, des familles et des élèves, qu’il nous appartient pourtant de concilier. Tout l’art de diriger un établissement consiste à composer avec ces réalités pour maintenir un cadre de travail cohérent et garantir un climat scolaire serein.

Dans cet exercice difficile, notre hiérarchie doit être à sa juste place : à nos côtés pour nous soutenir, et non au-dessus de nous pour multiplier les injonctions.

Cadres, pas simples exécutants

Nous sommes en première ligne pour mettre en œuvre des réformes trop souvent mal pensées, décidées sans véritable concertation et parfois annoncées avant même que leurs modalités d’application aient été définies. Les personnels de direction ne peuvent être réduits au rôle d’exécutants chargés de rendre possible, dans l’urgence, ce qui a été décidé ailleurs.

Nous revendiquons une véritable autonomie dans l’exercice de nos responsabilités, davantage de confiance dans notre expertise et une association réelle des personnels de direction aux décisions qui concernent le fonctionnement des établissements.

Cette exigence vaut aussi lorsqu’un chef d’établissement est exposé, menacé ou mis en cause. La protection fonctionnelle doit être accordée chaque fois que les conditions légales sont réunies et l’institution doit soutenir réellement ses cadres lorsqu’ils exercent leurs responsabilités. On ne peut demander toujours davantage aux personnels de direction et les laisser seuls lorsqu’ils se trouvent en difficulté.

Pour nous défendre, nous devons être indépendants

L’indépendance syndicale n’est pas pour nous un slogan. Elle est la condition d’une défense réelle des personnels.

Un syndicat de personnels de direction doit pouvoir contester une décision de l’administration lorsqu’elle est injuste, dénoncer une réforme lorsqu’elle est mauvaise et défendre un collègue lorsqu’il est mis en cause, sans calculer ce que cette position pourrait lui coûter dans ses relations avec la hiérarchie.

Mais cette indépendance vaut aussi à l’égard des choix faits pour l’École. On ne peut pas prétendre défendre les personnels de direction contre les conséquences de politiques scolaires que l’on contribue par ailleurs à soutenir.

Action & Démocratie défend l’instruction, l’exigence, l’autorité, la discipline, la valeur des diplômes et la transmission des savoirs. Avant de choisir un syndicat par habitude ou parce qu’on lui prête une influence sur les carrières, chacun devrait aussi regarder quelle École ce syndicat défend.

Action & Démocratie avec la CFE-CGC

Notre indépendance n’est pas synonyme d’isolement. Action & Démocratie est affilié à la CFE-CGC, confédération historiquement attachée à la défense de l’encadrement, des cadres et des personnels exerçant des fonctions de responsabilité qu’elle a vocation à représenter.

Cette affiliation nous permet de porter leurs revendications au-delà de la seule Éducation nationale, dans toutes les instances de la Fonction publique de l’État et directement auprès des pouvoirs publics, tout en conservant au sein d’Action & Démocratie notre entière liberté de parole et de positionnement sur les questions scolaires.

Reconnaître notre engagement, respecter notre expertise

Notre engagement doit enfin être reconnu à sa juste valeur. Ce pourquoi nous contestons les modalités actuelles du CIA. Ce qui varie, ce n’est pas notre engagement : c’est la reconnaissance qu’on lui accorde. Nous revendiquons le même montant pour tous tant que l’administration ne sera pas capable de garantir des critères d’attribution transparents, objectifs et équitables.

Car il ne s’agit nullement de nier le mérite : l’engagement, le travail et le mérite doivent être pleinement reconnus. Encore faut-il savoir selon quels critères. Lorsque ceux-ci sont opaques, le mérite cède vite la place à l’arbitraire et à la récompense de la docilité.

Nous demandons la même transparence pour l’accès à la hors-classe et, plus largement, pour les opérations de carrière et de mobilité. Les personnels de direction doivent connaître les règles selon lesquelles ils sont évalués, promus ou mutés et pouvoir comprendre les décisions qui les concernent.

Des revendications qui nous concernent tous

Les personnels de direction ont des revendications propres à leur corps, mais ils sont aussi directement concernés par celles que nous portons pour l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale : 100 points d’indice supplémentaires pour tous, prise en compte de l’usure professionnelle et amélioration des fins de carrière, protection effective des personnels confrontés aux violences, aux menaces et aux agressions, etc.

Nous sommes le seul syndicat à réclamer la remise à plat d’une politique d’inclusion devenue trop souvent une inclusion de façade non pas seulement faute de moyens humains mais parce qu’elle ne prend pas en compte les besoins spécifiques de chacun, ce qui engendre de la souffrance pour les personnels comme pour les élèves. Nous voulons aussi mettre un terme à la fuite en avant numérique en fixant un cadre national clair pour l’usage de l’intelligence artificielle à l’École et en luttant vraiment contre les effets des écrans et du téléphone portable sur les apprentissages et le climat scolaire, ce qui implique d’associer les familles (d’où notre proposition de créer un congé de parent d’élève d’une journée pour permettre aux parents les plus éloignés de l’école de se rendre aux réunions organisées à leur intention). Plus largement, nous voulons recentrer l’École sur sa mission première : instruire et transmettre, au lieu d’y multiplier les « éducations à » et les heures de rien qui, petit à petit, la dénaturent.

Qui vote quoi ?

Les professions de foi disent ce que chacun promet. Les votes permettent de savoir ce que chacun fait.

Dès le début du mois de novembre, Action & Démocratie publiera sous la forme d’un livret l’ensemble de ses revendications pour l’École et ses personnels. Nous y présenterons également les votes intervenus au Conseil supérieur de l’éducation sur les textes importants. Chacun pourra ainsi savoir non seulement ce que les organisations syndicales disent, mais aussi ce qu’elles votent lorsqu’elles sont placées devant leurs responsabilités.

Un exemple ? Action & Démocratie a approuvé le principe du décret permettant, dans certaines circonstances particulièrement graves, de changer d’établissement un élève lorsque le comportement de ses parents fait peser un risque caractérisé sur un membre de la communauté éducative. Action & Démocratie est en effet un syndicat des personnels de l’Éducation nationale. Nous ne sommes ni un syndicat de parents d’élèves ni un syndicat d’élèves. Lorsqu’un personnel est agressé ou gravement menacé, il faut regarder la situation depuis sa place et assurer effectivement sa protection. Nous défendons donc cette mesure malgré les vives protestations qu’elle a suscitées au CSE, tout en demandant qu’elle soit appliquée avec discernement et prudence tant il va également de soi que ce n’est pas à l’enfant de payer pour le comportement de ses parents. Et c’est justement parce que la principale utilité de cette mesure est son effet dissuasif qu’il faut permettre aux chefs d’établissement de la demander lorsque la situation le justifie et faire confiance à leur appréciation du terrain.

Au CSE, comme d’habitude, nous disons les choses

 Protection effective des personnels, violences, devoirs de l’institution, mais aussi dérives, lâchetés et mélange des genre que nous refusons de taire : le 17 septembre dernier, notre représentant a porté directement des questions qui fâchent devant le ministre de l’Éducation nationale. Certaines ont reçu une réponse. D’autres non. Notre compte rendu de cette séance et notre déclaration préalable.

Face aux violences, aucune ambiguïté

Des enseignants et des personnels de direction ont été agressés ou blessés ces derniers jours. Notre soutien à tous nos collègues est évidemment absolu. Mais ne nous contentons pas de condamner les violences, ce qui va de soi, en fermant les yeux sur l’irresponsabilité de certaines organisations politiques mais aussi syndicales qui instrumentalisent les lycéens et jettent de l’huile sur le feu. Il nous appartient de porter nous-mêmes les revendications légitimes des personnels, et non de nous servir des lycéens pour les faire avancer en les mêlant à d’autres revendications autrement plus discutables. Action & Démocratie/CFE-CGC ne s’associera certainement pas aux appels à la grève et aux manifestations en soutien aux lycéens lancés par FO, la CGT, SUD et rejoints par la FSU, la CFDT et l’UNSA : dans le contexte actuel, il faut avoir perdu tout bon sens pour appeler les personnels à y participer !

Communiqués

Conseil supérieur de l'éducation