Lettre d'information personnels de direction / octobre 2026
De la cohérence avant toute chose
Lors du Conseil supérieur de l’éducation du 17 septembre, notre représentant a interpellé le ministre sur un fait qui nous a profondément choqués : la publication au Bulletin officiel de la révocation d’un personnel de direction, avec suffisamment d’éléments pour que celui-ci puisse être identifié.
Pourquoi ajouter ainsi l’exposition publique à une sanction disciplinaire déjà si lourde ? Était-il nécessaire de donner à cette décision, aussi justifiée soit-elle, une publicité susceptible de poursuivre l’intéressé bien au-delà de sa révocation et de porter durablement atteinte à sa réputation ?
Après vérification auprès de son cabinet pendant la séance, Édouard Geffray nous a apporté une réponse pour le moins surprenante : cette publicité aurait été demandée par le conseil de discipline lui-même, c’est-à-dire par les membres de la commission administrative paritaire des personnels de direction réunie en formation disciplinaire. Interrogé une seconde fois afin de nous assurer que nous avions bien compris, le ministre l’a confirmé.
Nous le disons donc très clairement : si Action & Démocratie obtient des élus à la CAPN des personnels de direction, nos représentants s’opposeront à toute exposition publique d’un collègue sanctionné. Une sanction n’a pas à devenir une mise au pilori. Le ministre a d’ailleurs été le premier surpris lors de notre intervention, et il nous a fait part en toute sincérité de son sentiment, qui était semblable au nôtre : cette publicité, inhabituelle même s’il y a eu autrefois quelques précédents, avait quelque chose de gênant, le linge sale se lavant d’ordinaire en famille dans la maison de l’Éducation nationale selon lui.
Chacun d’entre vous le sait, l’éprouve et le supporte tant bien que mal : l’institution nous demande d’assumer toujours davantage de responsabilités, de faire appliquer des décisions que nous n’avons pas prises, de gérer les tensions qui en résultent avec les personnels, les élèves ou les familles et de répondre, souvent seuls, aux difficultés quotidiennes des établissements. Lorsque nous sommes exposés, contestés ou mis en cause, nous devons pouvoir compter sur elle mais aussi sur des représentants qui ne confondent jamais loyauté et docilité.
La même exigence guide notre défense des intérêts collectifs, concernant notamment le CIA et l’avancement. Il ne s’agit pas de défendre l’on ne sait quel égalitarisme en réclamant le même CIA pour tous : l’engagement, le travail et le mérite doivent être pleinement reconnus. Encore faut-il des critères transparents et objectifs. Lorsqu’ils sont opaques, le mérite cède vite la place à l’arbitraire et à la récompense de la docilité. C’est ce que nous refusons.
Au CSE, comme d’habitude, nous disons les choses
Protection effective des personnels, violences, devoirs de l’institution, mais aussi dérives, lâchetés et mélange des genre que nous refusons de taire : le 17 septembre dernier, notre représentant a porté directement des questions qui fâchent devant le ministre de l’Éducation nationale. Certaines ont reçu une réponse. D’autres non. Notre compte rendu de cette séance et notre déclaration préalable.
Notre profession de foi pour les personnels de direction

Défendre les personnels de direction, ce n’est pas seulement défendre leur carrière, leur rémunération ou leurs conditions de travail. C’est aussi agir sur les causes des difficultés auxquelles ils sont quotidiennement confrontés. Il y a, de ce point de vue, une exigence de cohérence : on ne peut pas prétendre défendre les PERDIR contre les conséquences de politiques scolaires que l’on contribue par ailleurs à soutenir. Avant de choisir un syndicat par habitude ou parce qu’on lui prête une influence sur les carrières, chacun devrait aussi regarder quelle École ce syndicat défend. Action & Démocratie défend l’instruction, l’exigence, l’autorité, la discipline, la valeur des diplômes et la transmission des savoirs.
Face aux violences, aucune ambiguïté

Des enseignants et des personnels de direction ont été agressés ou blessés ces derniers jours. Notre soutien à tous nos collègues est évidemment absolu. Mais ne nous contentons pas de condamner les violences, ce qui va de soi, en fermant les yeux sur l’irresponsabilité de certaines organisations politiques mais aussi syndicales qui instrumentalisent les lycéens et jettent de l’huile sur le feu. Il nous appartient de porter nous-mêmes les revendications légitimes des personnels, et non de nous servir des lycéens pour les faire avancer en les mêlant à d’autres revendications autrement plus discutables. Action & Démocratie/CFE-CGC ne s’associera certainement pas aux appels à la grève et aux manifestations en soutien aux lycéens lancés par FO, la CGT, SUD et rejoints par la FSU, la CFDT et l’UNSA : dans le contexte actuel, il faut avoir perdu tout bon sens pour appeler les personnels à y participer !